LIVRE TREIZIÈME
tice qu'il publia n'est que la consécration de l'œuvre de vidame. « Informé, dit le roi, des scandales suscités par les inquisiteurs, et voulant que leur office s'exerçât à la louange de Dieu, et à l'accroissement de la foi, nous sommes venus dans ce pays pour y rétablir la paix et réformer les abus. A cet effet, nous avons eu plusieurs conférences avec les princes, barons, prélats, inquisiteurs, et avec leur vice-gérant, Guillaume de Pierre, nous avons résolu de nommer des commissaires pour visiter les prisons : non pas que nous voulions empiéter sur la juridiction ecclésiastique, mais pour qu'elle s'exerce plus efficacement, éviter les périls et calmer le peuple. En conséquence nous ordonnons : que nos commissaires et les inquisiteurs visitent les murs, et pourvoient à ce que les prisons servent pour la garde et non pour la peine des détenus, jusqu'à la décision du siège apostolique ; et qu'à défaut de cette décision, leur procès soit fait selon le mode prescrit parles évêques ou leurs vicaires *. » Ainsi le roi rend l'inquisition aux évêques, et leur impose une forme plus équitable de procédure. Non content de cet édit magnanime, l'habile monarque accorda divers privilèges aux villes de Toulouse, Garcassonne, Montauban, Montpellier, popularisant ainsi l'autorité royale qui prenait l'humanité sous sa défense contre les barbaries théocratiques. De plus, il dota Toulouse d'un parlement; il en choisit les membres parmi les hommes du Nord et du Midi; il voulut que le choix royal reçût la con-