Bernard Guidonis
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tége pas contre la rage des inquisiteurs, leur dit l'éloquent tribun, nous prendrons pour seigneur don Fernand, infant de Mayorque, de la race nationale d'Aragon et de Foix. Délicios, muni d'une lettre des consuls, scellée du sceau de Carcassonne (d'or à trois pals de gueules) se rendit auprès du jeune prince, et lui offrit l'héritage odieusement extorqué aux Trencabel*. Mais nous retrouverons ces événements dans la biographie de Délicios, l'orateur de cette révolution populaire qui s'enflait orageusement à mesure que les barons aquitains s'éloignaient pour combattre encore et vaincre cette fois les terribles communes de Flandre.
Philippe cependant continuait de faire rentrer la théocratie romaine dans les limites humaines et les traditions françaises et carlovingiennes. Après Benoît XI (Nicolao Boca d'Asino, descendant peutêtre du diacre albigeois Boca d'Ase, réfugié à Tarvisi) qui ne fit que passer sur le trône pontifical, les cardinaux, assemblés à Pérouse, élurent, sous l'influence du roi, Bertran de Goth, fils du seigneur de Villandrau, dans le Bordelais. Les nombreux rameaux de la tribu méridionale de Goth, étaient généralement cathares, comme en tradition de leurs aïeux ariens. Ces races albigeoises, revenues au catholicisme, produisaient, comme tous les partis agités et fécondés par les révolutions, beaucoup d'hommes distingués. Nous avons vu Bernard de Saïsset, évêque de Pamiers, Bertran de l'Ile- Jourdain, évoque de Toulouse, et voici maintenant