‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 745 sur 922 · rontiûc. Rom. effigies · texte numérisé non relu

rontiûc. Rom. effigies

Il il

'il

il'

Carcassonne à travers les cadavres des nobles consuls pendus aux gibets du roi capétien : on dit qu'il arrêta les supplices, qu'il fit suspendre les amendes, et qu'il intercéda auprès du monarque en faveur des cités méridionales. Dans le second (déc. 1308), son passage à Toulouse fut marqué par une exé- * cution dont il fut la cause involontaire et qui dut contrister son cœur paternel. Il entra dans la grande cité romane, sous une ombelle d'or portée par les capitouls. monté sur une mule au frein d'argent, et sur les flancs de laquelle chevauchaient six seigneurs, trois du Nord et trois du Midi, envoyés par le monarque pour faire honneur au pontife. Tout à coup un citoyen, nommé Pierre Conil (Cosnin), de race albigeoise, un descendant des proscrits de Montségur, irrité de cette pompe, ulcéré de ses martyres domestiques, s'élance de la foule, en s'écriant : « Ghétif pape, maudit sois-tu 1 Maudite soit ta puissance ! Tu n'es pas en matière de dogme le vicaire du Christ ! »Cet homme est arrêté, traduit devant l'inquisiteur, jugé par le Parlement, et condamné comme hérétique au supplice du feu. Clément V intercéda probablement en faveur de cet infortuné dont les malheurs avaient sans doute exalté la tête. Mais Philippe qui, après avoir abaissé la papauté romaine, voulait relever aux yeux des peuples sa papauté française, fut inexorable, et Conil monta sur le bûcher devant la cathédrale de Saiut-Étienne ^ C'est évidemment un supplice albigeois, un épi perdu, que nous glanons en passant.

Page 1