LIVRE QUATORZIÈME
Dominicains ; ils trempaient aussi leurs mains dans le sang. Le sang retomba sur leur tête; un Franciscain se trouvait dans le massacre d'Avignonet. Dans le sein de ce franciscanisme, mondanisé et asservi à Rome, une réforme s'accomplit qui remontait à l'Ordre indépendant et mystique, à Joachim, son premier patriarche. Le réformateur, en Italie, fut Jean de Parme. Ses disciples furent en Provence, Ugo d'Hières, ce moine qui ne voulut pas se charger de la conscience de saint Louis ; en Languedoc, Joan d'Oliva, chef des Spirituels de Narbonne. LesOliva étaient une tribu cathare du Languedoc*. Elle a fourni Pons d'Oliva, diacre albigeois, et Bernard d'Oliva, évoque cathare de Toulouse, réfugié à Sirmione, et Pierre d'Oliva, connu sous le nom de Nolasco, fondateur de l'ordre catalan de la Merci. Joan d'Oliva, catholique, comme Noiasque, né à Sérignan, entra dans le couvent des Frères Mineurs de Béziers. Il était distingué par l'intelligence, l'austérité , et de certaines ardeurs mystiques. L'Apocalyse, l'Évangile et les Épîtres de saint Jean étaient les objets de ses perpétuelles méditations. Sa foi était johannite comme sa race était cathare. Sa théologie fut censurée; mais broyée au pressoir comme l'olive, elle se répandit, semblable aune huile enflammée, danslediocèse de Narbonne. Oliva mourut en 1298, l'année même ou éclata Délicios. Oliva fut le théologien de la secte dont Bernard devait être l'orateur. Bernard luimême confirmera sa descendance et de Joan d'Oliva et de Joachim de Flore.