Bardini chronica
t90 LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
feespéré de Toulouse, de TAquitaine, de la nationalité romane ; lamentation séculaire qui s'élève des forêts, des cavernes, des sépulcres, des oubliettes de rinquisition, et des abîmes mêmes desimmurats qui font entendre leur plainte étouffée, montant des entrailles de la terre aux portes du Gastel-Narbonnais, aux pieds mêmes du roi capétien.
Philippe donne audience aux orateurs des cités : ce sont Délicios, Patris, Garcia, Probi, Fransa, Castanet,EstèbeJuge royal d'Albi *. Le vidame d'Amiens les introduit, et commence Texorde de cette accusation et de cette plainte nationale. Mais Guillaume de Peyre, ancien chapelain du roi, et maintenant provincial de l'inquisition de Toulouse, récuse Pecquigny comme excommunié. Probi s'avance alors; il plaide pour Albi, il accuse Bernard de Castanet en lutte avec les consuls, en lutte avec les citoyens. En trois mois, cet évêque rapace a fait incarcérer trente notables comme hérétiques, bien que parfaitement orthodoxes. Leur hérésie était uniquement le refus de redevances illégales à ce tyran sacerdotal. — Au renfort de l'àpre orateur s'élance Garcia, syndic d'Albi. De l'évêque il passe aux inquisiteurs. Il décrit les tortures des captifs. Aux tortures ils ajoutent les calomnies. Ils calomnient les victimes, innocentent les traîtres, trompent le monarque. Délicios était derrière le courageux syndic, et tout à coup l'interrompant : Maître Arnaud, s'écria-t-il, nommez le calomniateur Dites au roi : C'est frère Nicolas, votre confes-