‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 788 sur 922 · Manus. de Paris · texte numérisé non relu

Manus. de Paris

Guillaume de Peyre, lui montra sans doute sous cette querelle de moines une révolte des peuples et pour se venger de Délicios, le représenta comme le tribun de cette révolution anticatholique et antiroyale du midi. Bernard, le grand accusateur, accusé à son tour, fut sommé de se justifier devant le roi; et sa harangue fut comme la péroraison de cette plaidoirie patriotique*.

« Oui, répondit hardiment Délicios, je suis Tadversaire de l'inquisition. C'est à bon droit que Ton prétend que je ne cesse de crier contre les inquisiteurs. J'ai tant crié depuis si longtemps que j'ensuis tout enroué. Oui, c'est moi qui ai convoqué ces peuples dans Toulouse, et c'est par mon conseil qu'ils viennent accuser l'inquisition. Le roi lui-même m'a charcré d'annoncer son arrivée dans le Midi. A cette grande nouvelle le peuple s'est apaisé. Et maintenant il veut demander pacifiquement justice au monarque. Car ce peuple est fidèle et catholique. Le prieur l'avoue presque lui-même ; il a dit au roi qu'il n'existe plus d'hérétiques que dans l'Albigeois et le Garcassez ; et encore quarante ou cinquante au plus. Pourquoi donc, depuis tant d'années, tant d'iniquités, de violences, d'incarcérations, de tortures ? Et moi, je dis : Frère Guillaume exagère encore. La vérité, c'est qu'il n'y a plus un seul hérétique dans le Midi. — Contre cette assertion hardie, réclament l'archevêque de Narbonne, et le docte évêque de Béziers. Il y a eu, disent-ils, des cas avoués et prouvés. —

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