‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 814 sur 922 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

devient certitude dans la bouche d'un pape superstitieux et qui croyait à la magie, et^Jean XXII, de sa science infaillible,' affirma que Bernard a fait mourir le seigneur Benoît, veneni poculo *. Dans tous les cas, Délicios n'aurait été que le complice; c'est Arnauld qui serait l'exécuteur : et quelle vraisemblance que Clément V eût choisi pour son médecin l'assassin de son prédécesseur? Villeneuve, en effet, se rendait, en cette qualité, près du nouveau pontife, lorsqu'il mourut en mer sur le vaisseau qui l'apportait à Avignon.

Le 16 juillet 1319, Jean XXII renvoie l'accusé devant l'archevêque de Toulouse, l'évêque de Pamiers et l'évêque de Saint-Papoul. Sous la garde du sénéchal de Toulouse, Bernard est conduit dans cette grande cité. Il traverse Montpellier, son berceau, Béziers, son dernier refuge, Narbonne, Carcassonne, les théâtres de sa gloire. Il sait qu'il marche à la mort. Mais il est calme, l'esprit serein, et déjà comme Hans le ciel. Il cause avec le sénéchal des quatre religieux de son Ordre brûlés naguère à Marseille (7 mai 1318). Il prend la défense de ces disciples infortunés de Joan d'Oliva. Il glorifie même le chef de la secte, Joachim de Flore. De Carcassonne, par Montréal, Fanjaus, Mazères, il gagne la vallée de l'Ariége, suivant la voie romaine, et de Portet il descend en bateau la Garonne jusqu'à Toulouse. De Toulouse, où sa présence excite peut-être quelque frémissement sympathique, il est renvoyé tout à coup à Castelnaudari. C'est là que s'ins-

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