LIVRE QUATORZIÈME
releva, car on trouve vers la fin du siècle, Guilhem de Montpellier, abat de San-Gilis^. A la tête de ses amis étaient Arnauld de Villeneuve et Ramon Lulle, deux descendants d'Albigeois, l'un Valencien et l'autre Baléare.
Arnauld était le fils d'un Villeneuve de Lauragais qui avait suivi le Conquistador à la conquête de Valence. 11 avait étudié la médecine à Montpellier et à Cordoue et était devenu le plus grand médecin du siècle. Il appartenait évidemment, mais avec une nuance, à l'école de Joan d'Olive. Comme les Albigeois, ses ancêtres, il était clerc et médecin. Au commencement du siècle, étant à Paris, il dogmatisa contre les dominicains et les clercs de Sorbonne. Menacé, il se réfugia auprès de Fédérigo, roi de Sicile de la maison d'Aragon. Il fut accusé d'avoir avec Délicios empoisonné le pape Benoît XL Mais Clément V, son successeur, le nomma son médecin pontifical, et, comme il se rendait de Sicile en Provence, il périt dans un naufrage ^. Le grand alchimiste devait être suspect à Jean XXII. Quinze erreurs furent relevées dans ses écrits par l'inquisition de Tarragone. « Satan, disait-il, a détourne la chrétienté tout entière de la vérité du Christ. Il l'a tellement sucée et vidée qu'il ne reste plus que l'écorce de l'orange, c'est-à-dire l'apparence du culte. La foi du peuple est diabolique et on le conduit en enfer. Les moines sont sans charité et falsifient la doctrine du Christ. Les docteurs ont