‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 876 sur 922 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

errants dans les forêt?. C'est de ceux-ci que descendraient les Cagots modernes. Au xv" siècle, ce$ infortunés demandèrent au Pape leur réhabilitation; ils conservaient un vague souvenir de leur déchéance lamentable ; ils prétendaient dans leur requête que la malédiction de leur race provenait de la colère du pontife romain Innocent III*. Le mot Bulgare, honteusement contracté, forme un substantif infâme qui exprime la dégénérescence, le rabougri ssement physique et moral. Le Bulgare, aussi bien que le Goth, étaient d'un beau sang; et le catharisme, par son hygiène et son aspiration ascétique, donna ce type de beauté grêle, svelte, aérien, reproduit dans les sculptures du xiii* siècle. C'est l'homme aspirant à l'ange. Eh bien, ce type idéal est devenu, p^r l'œuvre de l'inquisition, un type idiot et bestial. En un siècle et demi, elle a ineffaçablement transformé le bulgare superbe enboulgre infâme, le Cathare pur en abject Cahoux; en un mot, le chrétien en crétin. La nation finit comme son prince. RamonVII est mort fou : l'Aquitaine expire idiote ; le Midi devient un Charenton théocratique.

La Réformation du xvi® siècle éclata. Les vieilles races albigeoises, à demi dévorées par l'inquisition, l'acclamèrent avec enthousiasme. Les dynasties de Foix et de Béarn, représentées par la virile reine Jehanne d'Albret, au-dessous d'elles les races chevaleresques de Toulouse, de Lautrec, de Lantar, de Castelverdun, de Bélissen, de Durfort, de Ville-

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