‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 883 sur 922 · ÉPILOGUE 4i · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE 4i

lurgiques. Une ruelle tortueuse et montante nous conduisit au Castellar. Nous y entrâmes par une porte féodale, dernier vestige des fortifications abattues par Richelieu. Richelieu, ce dernier et terrible exécuteur des hautes œuvres de la monarchie, qui décapitait les villes comme les hommes, n'a pas laissé vestige du Castellar ^ On y monte par une magnifique allée en spirale de gigantesques marronniers d'Inde. Ils conduisent à une plateforme ombragée de massifs de roses, de cytises et d'acacias. Ces bosquets occupent l'emplacement du château. Un cône de verdure les domine, c'était le donjon. De ce point culminant, on découvre à ses pieds, déployée en éventail, du nord au midi, la ville aux toits confus, irréguliers, sombres, entremêlés de ruines de couvents, de clochers massifs, de lugubres cyprès : on dirait une ville espagnole. Sa vétusté gothique contraste étrangement avec la poétique beauté des ombrages du castellar. Ce lieu est charmant, dit notre compagne. Il est encore plus illustre, ajouta notre antiquaire. Il est parfumé d'héroïsme et de martyre. Une mémoire gracieuse et funèbre habite ces bocages. C'est ici que se retira, dans son veuvage, la grande ' Esclarmonde de Foix, vicomtesse de Gimoez ; c'est ici qu'elle adopta la vie parfaite des cathares, qu'elle enseigna la théologie johannite, qu'elle défia les docteurs et les légats romains, et que sa victoire provoqua la croisade, dernier et tragique

1. C'est Jacques de Lordat, seigneur de Castagnac, qui démolit le Castellar, par ordre du prince de Gondé (16-29).

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argument de Rome. C'est ici qu'elle résolut la construction de Montségur pour y recueillir le sacerdoce albigeois. C'est d'ici qu'eUe par it devant la tempête, c'est ici qu'elle revint après la victoire, et au'elle assista à la mort triomphante de son grand ZT le comte Ramon-Roger. C'est d'ici enûn qu'elle s'éloigna une dernière fois et pour toujours et au'elle remonta pour s'évanouir sur les cimes du îhlbor et dans les nuées.Le castellar etMontségur sont les deux trônes dEsclarmonde.

Le castellar était le palais féodal des comtes : l'hôtel d'Esclarmonde, avec ses ouvroirs, ses écoles ses hospices, occupait tout le plateau culminant, et ses jardins descendaient sur l'escarpement méridional. La France s'empara de la montagne cathare Le castellar reçut les deux parlements de Montfort et de Louis YUl. L^ rois réunirent sur ce sommet tous les instruments de la conquête, la forteresse, l'évêché, l'inquisition, l'ordre dominicain et 1» cathédrale, dont la tour, en signe de son origine TapéUemie, semble surmontée d'une cou- Se royale et légèrement fleurdeUsée Une forte XaiUe, percée de trois portes à l'ouest, au nord • et au levant, protégeait, de son hémicycle crénelé ce Gapitole de la croisade, contre les frémissemènts d. la- cité patriote, démocrate et albigeoise. L'inquisition mit plus de trois cents ans à dompter et à dévorer son indépendance vivace dont le calvinisme fut la dernière convulsion chevaleresque et populaire. Le castellar albigeois rena- . quit protestant sous l'énergique baron d Audou châtelain de Moniségur. et ne redevint catholique

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