ÉPILOGUE
Foix, cet autel de la lumière ((^wç). Nous marchions vers le Thabor, montagne à trois ôimes ondulées, et dont chaque croupe reproduit un diminutif de mamelons pareils, en tout neuf sièges ou neuf ^.utels. Montagne mystérieuse qui fut le reposoir de l'Esprit et où le christianisme du moyen âge fut sur le point de se transfigurer en religion du Paraolet. Nous remontions à distance la rive gauche de TErs qui descend de Mirepois, et nous aperçûmes bientôt un clocher effilé qui nous indiquait la ville voilée d'un boulevard circulaire de verdure;
Mirepois fut notre seconde halte sur le midi. Pendant que notre cocher et son cheval se reposaient, nous quittâmes la ville des Lé vis, maréchaux de la croisade, pour aller à la recherche de la ville des Bélissen, chevaliers de la patrie romane. L'ancien Mirepois s'allongeait sur la rive droite de l'Ers, entre la. colline du château et le torrent qui descend de Montségur. Sur sa tête, il voyait le donjon et à ses pieds le gave de la montagne. De son mur méridional, tV regardait, comme son nom l'indique, le poisson jouer dans les eaux limpides*. Le vieux Mirepois n'est plus. Nous ne trouvâmes sur son sol que des cultures de maïs ; au milieu de ces cultures, une maison rustique : c'est l'ancien couvent des Franciscains ou des Dominicains. Ces moines impopulaires s'abritaient sous les balistes du château. A travers les débris de brique, de tuile et de pierre roulant sur la pente herbeuse du coteau, nous grimpâmes jusqu'au puissant donjon,