ÉPILOGUE
Blasco dont le nom se retrouve de nos jours mêlé à ceux de Bécaria et de Manzoni. C'est donc dans ce château que fut officiellement résolue la reconstruction de la forteresse patriotique. Assis dans les larges embrasures des fenêtres et sur les banquettes latérales de pierre, nous contemplions ce magnifique domaine des Bélissen que l'Ers arrose comme un jardin, et qui s'étendait sur ses deux rives depuis le monastère de Bolbone jusques aux montagnes dont les neiges se confondent avec les nuages. Nous nous reposâmes dans cette pieuse évocation des souvenirs, et deux heures après notre voiture roulait rapidement sur les traces des palefrois tranquilles des évêques vers le pavs d'Olmès. •
Mirepois est une ville agréable : les rues en damier annoncent l'équerre de la monarchie, et son clocher effilé révèle l'art gothique venu' du nord avec la croisade. C'était le fief militaire et religieux des Lévis. Un de ses enfants a essayé de retracer ces guerres sous la forme des romans chevaleresques de Walter Scott*. L'histoire réelle est bien plus dramatique et plus épique. Nous remontions la rive gauche de l'Ers qui s'écarte un peu vers l'orient. Il y avait sur ce gave un pont de las Clédas (des claies) très-fréquenté dans les courses nocturnes des Albigeois. Cette rive était surveillée par les trois châteaux de Mirepois, de la Garde et de Léran, et par les deux bastides de Boussignac et du Peyrat. Les collines rocailleuses de droite