‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 118 sur 311 · lü · texte numérisé non relu

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1164. repas da soir, il quitta Northampton , accompagné de deux frères de l’ordre de Cîteaux , l’un Anglais de race, appelé Skaiman , et l’autre d’origine française, appelé Robert de Caune Il atteignit, après trois jours de marche, les marais du comté de Lincoln, et s’y cacha dans la cabane d’un ermite. De là, sous un déguisement complet, et sous le faux nom de Dearman, dont la tournure saxonne était une garantie d’obscurité, il gagna Canterbury, puis la côte voisine de Sandwich *. On était à lu fin de novembre , dans le temps où la traversée devient périlleuse. L’archevêque monta sur un petit bateau pour écarter tout soupçon , et , à travers beaucoup de risques, navigua jusqu’au port de Gravelines. Il se rendit ensuite à pied et en mauvais équipage au monastère de Saint-Bertin, dans la ville de Saint-Omer *.

A la nouvelle de sa fuite , un édit royal fut publié dans toutes les provinces du roi d’Angleterre sur les deux rives de l’Océan . Aux termes de cet édit, tous les parents de Thomas Becket en ligne

1. Ipse verô cuiu illis et geute suâ cœnnvit... Dùm rex et alii cœnarent. ... (Rog. de Hoved. p. 49 ^.)

2. Habitum suum mutavit et fecit se appellari Dearman, et sic à paucis cognitus. ... (Ibid. )

3 . Nocte scapha intravit in mare. (Script, rer. franc, tom. XIV, pag. 453. )

DE THOMAS BECKET. \l\'j

ascendante et descendante, jusqu’aux vieillards, 1164 aux femmes enceintes et aux enfants en bas âge ,,§5 étaient condamnés au bannissement Tous les biens de l’archevêque et de ses adhérents, ou prétendus tels, furent séquestrés entre les mains du roi, qui en fit des présents à ceux dont il avait éprouvé le zèle dans cette affaire *. Jean , évêque de Poitiers, suspect d’amitié pour le primat et de partialité pour sa cause,reçut du poison d’une main inconnue, et n’échappa à la mort que par , hasard Des lettres royales, où Henry II appelait Thomas son adversaire , et défendait de prêter aucun secours ni conseil à lui ou aux siens, furent envoyées dans tous les diocèses d’Angleterre *. D’autres lettres, adressées au comte de Flandre et à tous les barons de ce pays, les invitaient à se saisir de Thomas, ci-devant archevêque , traître

1. Omnes bomines et fœininas, pueros ctiam in cunis vagientes et ad ubera pendentes. (Roger, de Hoved. pag. 5oo. ) — Mulieres puerperio decubanles. ( Gervns. Cantuariens. pag. 1671 .)

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