LETTRES DES ENNEMIS
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s’était faite la réconciliation du primat et du roi d’Angleterre'. Le roi de France s’épuisait en invectives et en messages, pour exciter de toutes parts la haine contre son rival , et surtout pour renouveler le soulèvement des provinces d’Aquitaine et de Bretagne*. A l’exemple de la population anglo-saxonne , mais par de tout autres motifs, le roi Louis n’attendit pas un décret de l’église romaine pour ériger en saint et en martyr celui qu’il avait tour à tour secouru , délaissé , et secouru de nouveau , au gré de son propre intérêt. L’impression d’horreur que le meurtre de l’archevêque avait produite sur le continent lui fournit un prétexte pour rompre la trêve avec le roi Henry, et il se flatta d’avoir le souverain pontife pour auxiliaire dans la guerre qu’il voulait recommencer. « Que le glaive de saint Pierre, lui écrivait-il , soit « tiré du fourreau pour la vengeance du martyr « de Canterbury. Car son sang crie au nom de K l’église universelle, et demande satisfaction à « l’Église » Thibaut , comte de Blois , vassal du
1. Pratum proditorum. (Vita B. Thomæ quadripnrt.) — -Script, reruin fraiicic. t. XIV, p.