CAPTIVITÉ UE LA FAMILLE JOHNSON CHEZ LES ABÉNAKIS
im-im
L’histoire des Abénakis, pendant la période 1700- 1760, nous présente une suite presque continuelle d’expéditions dans la Nouvelle-Angleterre. Deux voies y conduisaient ces sauvages : celle de la rivière Saint-François et celle du lac Champlain. Par la première voie, ils remontaient la rivière Saint-François jusqu’au lac Memphrémagog. De là, ils se rendaient à la rivière Connecticut ; puis, en suivant les torrents de cette rivière, ils allaient tomber sur les habitations anglaises. Par la seconde voie, ils remontaient la rivière Richelieu et se rendaient au fort Saint- Frédéric, sur le lac Champlain. De là, ils allaient attaquer les établissements anglais, en pénétrant dans la Nouvelle- Angleterre, tantôt par la rivière à l’Ognon, tantôt par celle à la Loutre.
Dans une de ces excursions, en 1754, ils se rendirent à Charlestown (1), y firent prisonnière une fa-
rt) Le fort Charlestown était situé sur la riviere Connecticut, daus le territoire actuellement appelé New-Hawpehire. Les An
DES ABENAKIS.
mille entière, du nom de Johnson, et l’emmenèrent à Saint-François. Cette famille demeura en captivité en Canada pendant près de cinq ans, puis elle retourna dans son pays.
Madame Johnson écrivit, en 1798, la narration de cette captivité (1). Nous avons trouvé dans ce petit ouvrage des détails si intéressants touchant les Abénakis, que nous avons pensé que cette narration pouvait avoir place dans l’histoire de ces sauvages, afin de faire mieux connaître leurs mœurs et leurs usages, à cette époque. Cette narration fera d’ailleurs aussi connaître quelques excursions d’Abénakis dans la Nouvelle-Angleterre, que nous n’avons pas mention* nées dans leur histoire.