RUVIGNY
A Paris, ce 28 Janu*' 1666.
Messieurs,
J'ay receu vostre lettre du 12 de ce mois, qui me demande mon auis sur le sujet de la permission qui vous a esté accordée de bastir deux Temples pour sçauoir si vous vous en deués seruir aux conditions qu'on y a ajouté : Pour reponce je vous dois dire que vous ferés bien de vous mettre à couuert, et de prendre les concessions qu'on Vous donne, car d'attendre, comme vous dites, un meilleur teropz, ce seroit peut estre manquer une occasion que vous ne retrouueriés pas facilement, et ceux qui vous ont donné quelque espérance de changement entendent mal vos Intérêts. En cas que cela arriuât, vous sériés toujours en droit de demander qu'on vous fît Justice, et le bastiment de deux Temples n'y seroit pas un obstacle ; Le plus assuré est de prendre ses commodilez lorsqu'on en donne la permission. C'est mon sentiment, et vous deués cognoistre ce qui vous est le plus nécessaire. Je suis.
Messieurs,
Voslre très humble et très affectionné seruiteur
RlTVIGNY.
xxvn
Ordre de Louis XIV enjoignant au Bailli de Gez de fixer remplacement des Temples de Sergy et de Femez.
(Archives de Zurich, Gest. YI, 97.)
De par le Roy.
Nostre amé et féal « sur la demande qui nous a esté cy devant faitte par les habitans de la Religion prétendue refformée de nostre pays de Gex pour la construction d'un temple au lieu de Sergy et d'un autre au lieu de Fernex capables de les contenir pour y faire l'exercice de leur dite Religion , Nous auons veu Tavis que le S^ Bouchu , con*' en nos Con«»^S M" des requestes ordinaire de nostre hostel et Intendant de Justice en Bourgoogne et Bresse^ nous a donné sur ce suiect , Et comme il a trouué la chose d'autant plus iuste et raisonnable qu'elle est dans le sens naturel des arrests de noslre Conseil d'Estat du XYP Jan" et XXIII Aoust 1662 et XIX Septembre 1664 qui promettent l'exercice de la d* Religion prêt. reS. esd l lieux , et que de nostre part nous trouuons bon aussi l'establissement desd' deux temples , Nous vous faisons cette lettre pour vous mander et ordonner qu'incontinent après l'avoir receûe^ vous ayez a designer auxd> habitans une place en chaqu'un lieu de Sergy et de Fernex, de suffisante espace et grandeur pour y faire bastir iesd' temples^ et ce dans un endroict qui ne soit point incommode aux Catholiques ny au public, et a la charge que lesd' habitans de lad* relig. prêt. reff. obserueront ponctuellement touttes les autres choses portées par lesd» Arrests sur peine d'estre descheo de cette grâce. Ne faittes donc fdute d'accomplir nostre intention. Car tel est nostre plaisir. Donné à Paris le XII« leur de Décembre 1665.
Louis.
Phelypeaux.
A nostre amé et féal Cons^ et bailly de nostre pais de Gez, le S' des Brosses.
Lettre des Directeurs des Eglises du Bailliage de Gez
à TAvoyer de Berne.
(Archives de Berne, Frankreich-Buch N. — Sans adresse.)
Monseigneur»
Celuy de nos pasteurs qui a eu l'honneur de se présenter a vous de la part de nos Eglises en qualité de Député a la dernière Diète de Baden nous ayant fait un raport exact et fidelle de tout le bon traîctement qu'il a receu et de TAuguste Conseil de vostre ville ou il a esté défrayé pendant quatre jours , et des patientes par lesquelles on a recommandé ses nécessités dans toutes les villes et chasteaux du louable Canton de Berne, et encor du favorable accueil qui lui a esté faict en la susd. Diète par vous» Monseigneur, et par Monseigneur le General d'Herlac , Luy ayant mesme conté dix escus pour les frais de son voyage ; Tout cella ensemble nous fournissoil un notable subiel de vous en présenter des très humbles remerciments incontinent après le retour de nostre dit Député. Nous Taurions fdict véritablement. Monseigneur, n'estoit qu'il a trouué a propos d'attendre la contribution charitable accordée en dernier lieu pour la construction de nos deux Temples; C'est de ce juste devoir dont nous nous aquilons maintenant , ayants receu despuis huict jours de Mons' Grenus par les mains de Mons' l'Auditeur Lect son Thresorier la somme de 384 escus blancs dont nous luy avons donné descharge ; nous aurions receu ce don il y a qq mois si nous l'eussions désiré ; mais comme nous allons seulement mettre la main à lœuvre, nous n'en avons pas eu besoin plustost. On nous donne advis de Zurich que tout le reste est prest pour nous estre enuoyé de mesme. Ainsi avons nous occasion de rendre grâces a Dieu de ce secours si opportun qui nous doit mettre bientost à couuert des injures de l'air et de remercier autant que nous pouuons nos bienfaicteurs et particulièrement le louable Canton de Berne, qui s'est si souuent et tout le premier signalé pour le maintien de nos Eglises par ses largesses et intercessions pendant
tout le temps de nos espreuues. Nous vous supplions, Monseigneur, d'accepter pour tout le Magnifîque Conseil de la louable ville et Canton de Berne les très humbles actions de grâces que nous lui rendons de toute la beneficence dont il nous a comblé jusques à ce jour 9 qui nous obligera tous les jours de nostre vie a prier Dieu très ardemment, comme nous faisons, qu'il multiplie ses grâces sur vostre Estât et face abonder vos revenus pour en assister ceux qui en ont besoin comme nous et quil conserue au millieu de vous le sacré Thresor de son Evangile. Nous sommes auec toute sorte de respect ,
Monseigneur,
Vos très humbles et très obéissants Seruiteurs les pasteurs et Anciens directeurs des Eglises du Balliage de Gex.
S. RouPH , pasleur. — De Bons. — Duval.
Rey, pasleur. — Roch.
De Chouders.
Ce ^^ 16G6.
9 )uia
Extraits des Registres du Conseil des Eglises concernant les fonds pour Tentretien du Saint-Ministère placés dans le Pays de Vaud.
Du 28 8^^^ 1670. — Le S" Aduocat Duual a représenté qu'en suite de la charge qui lui a esté baillée de loger au pais de Vaud moyennant bonnes asseurances les deniers quil receura de la sub* uention dHollande pour faire fonds a lentretenement du S^-Ministere en nos Eglises il a preste.... au sieur Urbain Leurier demeurant a Crassy et a Pierre Ronzel demeurant a Vesenay la somme de trois mille six cents écus petits monnoye courante au pais de Vaud chaque écu valant deux liures tournois soit vingt batz dont ils ont passé obligation par deuant M* Reguex Chastelain et No-
taire a Gingins le vingt quatrième Aoust mille six ceat septante sous lobligatioD générale de tous leurs biens et spéciale hypothèque de la montaigne prés terres et bois apparlenans audit Leurier assis
au pais de Yaud Et pour oster ausdils Leurier et Ronzel la
cognoissance a qui les deniers appartiennent, il a esté trouué bon de se seruir du nom de Noble Estienne Hugonin, Assesseur Bailliual a Veuay^ en faneur duquel ladite obligation a esté faicte et de retirer de luy une déclaration quelle ne luy appartient pas» ains a Noble Jean François De Bons» Conseigneur de Farges» lequel en fera aussi sa déclaration en faneur de nos Eglises
Du 3 9^^ 1671. — Les soins que nous auons pris depuis plusieurs années pour parueuir a Testablissement d'un fonds pour ien> tretenement du S^ Ministère en nos Eglises ayans succédé heureusement jusques a présent et estant nécessaire d'apporter toutes les précautions possibles pour empescher que la suite du temps ne rende vn si bon dessein inutile par le diuerlissement qui pourroit esfre fait des deniers destinés a cela ou autrement» Apres auoir examiné diuers moyens» il n'en a point esté jugé de plusseur que d'employer lesdits deniers en lachapt de quelques montaignes au pais de Vaud» attendu qnil ny a point de fonds dont le Reuenu soit plus facile et plus certain que celuy des montaignes et que ledit fonds setrouueroit en lieu de seurlé » la charge ayant esté baillée audit S' Duual de s*enquerir des montaignes qui sont a vendre dans les Bailliages de Nyon et de Morges. Et au cas que l'on puisse faire cette acquisition de fonds» il a esté trouué bon de le communiquer a la Cornpaignie des Pasteurs de leglise de Berne ou de Zurich» afin que leur Registre en estant reuestu» il consle a laduenir dans celte Compaignie que ces fonds sont destinés a 1 en tretenement du S^ Ministère de nos Eglises et qu'ayant inspection sur iceux elle puisse empescher que dans la suite des temps il ne se fist aucune usurpation d*iceux ou quelque mauuais usage de leur Reuenu.
Du 29 X^^^ 1671. — Le Conseil ayant considéré que Monsieur Estienne Hugonin» Seig' Assesseur Bailliual a Yeuay» a pris beaucoup de peines et soins pour nos Eglises soit pour loger en seurlé les deniers que Ion auoit résolu de presler au pais de Yaud» par les adois et conseils quil nous a donné louchant les précautions quil nous falloit prendre » nous ayant preste son nom à ce suiet et fait sa déclaration ensuite en faneur de nos Eglises par deuant Notaire» et que pour cet efîect il a supporté des frais et quantité de ports de
lettres. Il a trouué bon de len remercier et de luy en lesmoigner sa recognoissance par vn présent de quelques Hures de pieté de la valeur de sept ou huict Hures, lesquels seront achetés et enuoyés francs de port a la diligence du S^ Duual.
Lettre du Pasteur Jean Savasin à Pierre Fabri, Premier Syndic de la République de Genève.
(Archives de Genève, Pièces hifitor., n» 37 i 6.)
Monsieur,
Je ne suis pas plutost arriué à Moins que l'Euesque y a paru auec une suitte de quelques curés, du Baron de la Bastie et de quelques autres personnes d'Ornex, qui s'estans tous arrestés à la porte du temple, qu'ils ont trouué fermée, ils m'ont enuoyé un jeune garçon pour m'en demander la clef; et après luy auoir respondu que je ne pouvois pas la donner, que je n'en avois point d'ordre, il m'a dit d'un air insolent qu'on ne le vouloit pas manger ; là dessus j'ay ordonné à mon valet et à ma servante de se retirer et de fermer la porte de la maison; ce qu'ayant fait et estant monté à la maison avec mes domestiques et un certain orlogeux de Moins nommé Guerrier , ils m'ont député le Curé de Mairin qui m'a demandé dès le bas de la maison d'un air fort honneste la clef du temple, a quoy j'ay reparti de la fenestre (avec civilité) qu'il ne m'estoit pas possible de la donner ; il m'a prié une seconde fois avec la même honnesteté que j'eusse la bonté de le leur faire voir. Je luy ay encore reparti que je luy estois fort obligé de toutes les honnestetés qu'il me tesmoignoit, mais qu'il n*y avoitpas beaucoup de curiosité à remarquer dans ce temple, que j*aurois de la honte de le leur monstrer, qu'il estoit dans un grand desordre, qu'il n'estoit ni planché ni pavé et qu'en un mot il n'y avoit pas bien de la différence du bas avec la terre sur laquelle il marchoit ; et estant revenu une troisième fois à la charge, je luy ay respondu qu'asseu* rement il Tavoil desjà veu et que des lors il ny estoit point arrivé
de nouveauté» que le plus considérable esloit le dehors qu'il pouvoit remarquer sans peine; à cela il m'a respoudu encore une fois qu'il ne Tavoit jamais veu» et qu'eux tous auroyent encore nonobstant le desordre du temple beaucoup de consolation de voir la chaire. Je luy ay encore une fois respondu qu'il n'y avoit rien de beau dans la chaire, que tout y estoit fort ordinaire , et qu'au reste je luy demandois excuse que je ne pouvois point luy monstrer le dedans du temple. Ayant veu tous ces complimens inutiles, ils ont tous pris la roule de Prevessin.
Je ne scay s'ils ne reviendront point dans ce village ; voyla au reste. Monsieur, tout ce qui s'est passé. Si vous aués quelque ordre nouveau à me donner, je les exequuteray avec toute la prudence possible.
Cependant je demeure,
Monsieur,
Vostre très humble et très obéissant serviteur
J. Sarrazin.
(Cette lettre est sans date; mais elle porte à la suscriplion : Veue [en Conseil] le 25 Avril 1682.)
Extrait des Registres de la Compagnie des Pasteurs de Genève au sujet de Tinterdiction du culte réformé à Moins.
Du 20 mars 1685.
Il a été rapporté que M>^ llntendanl etoit venu a Moin Mardi dernier, à dessein de faire fermer le Temple, et que M' de Normandie l'Ancien Syndic, qui avoit été envoyé là de la part de N. S. (Nos Seigneurs), luy ayant témoigné quil etoit surpris d'apprendre qu'on vouloit fermer une Eglise que M^' de Genève avoient possédé de tems immémorial; qu'on en usoit avec nous d'une manière inouie, n'ayans point été appelez pour nous entendre et pour produire nos titres; et qu'il ne pouvoit comprendre que le Roy qui nous avoit
assuré si souveut de sa protection et de sa bonté, nous traita avec cette rigueor ; Mons^ Tlotendant iuf avoit dit, Avez-vous quelque tiltre; A quoy M' Denormandie ayant repondu que ia possession où uons avons été valoit tous les tiltres, et d^aillenrs qu'on ne ponvott pas produire des tiltres si promtement , et sur le champ Mons>' l'Intendant avoit aiouté et demandé si l'on nioit que le Roy etoit souverain ; Sur quoy M' de Normandie ayant répliqué qu'ils ne nioient pas que le Roy ne fut souverain dans le civil , mais que N. S. Tetoient dans le spirituel : M' l'Intendant s'etoit moqué de cette réponse et avoit dit que ses ordres por (oient que le Temple fut fermé, et que M^** de Genève pou voient faire leurs représentations en Cour. On a aiouté que M' Sale le Châtelain ayant voulu parler, M^* l'Intendant luy avoit demandé. Qui il etoit, et comme on luy avoit dit qu'il etoit Châtelain du lieu , il s'etoit informé de quelle religion il etoit, et qu'ayant appris qu'il etoit de la Relig. Reformée, il avoit dit qu'il le trouvoit bien hardi d'exercer ici sa iudicature , et qu'il trouvoit que M" de Genève avoient peu de respect pour le Roy de mettre des Châtelains de leur Religion , sachant les déclarations du Roy.
Il a été aussi rapporté qu'il avoit dit qu'il iroit à Russin le lendemain, et qu'il apprenoit qu'on vouioit faire quelque opposition, mais que si quelcun s'en avisoit, le Roy avoit 9000 hommes sur la Saône qui seroient là dans le moment, et que M" de Genève en repondroient.
Sur cela la Comp. pénétrée d'une vive douleur a trouvé bon que les 4 premiers Pasteurs de la C. iroient en Conseil témoigner avec larmes combien N. C. (Notre Compagnie) est navrée de voir nos Eglises enlevées , et marquer à N. S. que nous sommes extrêmement édifiez du zèle de L. S. (Leurs Seigneuries), et les supplier de le redoubler dautant plus que les plus grands maux nous menacent. Il a été aiouté qu'on leur representeroit qu'on croyoit que L. S. ne trouveroient pas mauvais que nous disposassions notre peuple a une humiliation extraordinaire dans nos Prêches.
Ensuite comme il a été proposé s'il ne faloit pas célébrer un iusne. Il a été avisé qu'attendu que famais on n'a eu plus de raison de iusner et de nous humilier que nous en avons présentement, on prie N. S. de penser a la célébration du Jusne.
Il a mesme esté proposé de nous assembler dans ee lieu^ pour y faire des prières extraordinaires tous ensemble.
Tableau des Membres du Conseil des Eglises Réformées
du Pays de 6ex.
1663 Samuel Rouph, pasteur.
César Rey, pasteur.
Jean-François de Bons, conseigneur de Farges, avocat.
Etienne Duval , avocat.
Philippe Roch, avocat.
Pierre de Choudens.
1673 Etienne Borssat, avocat.
Gabriel Chavanes, notaire royal à Meyrin.
1676 Gaspard Taccon.
1682 Marc de Choudens la Tour.
Jacques de Choudens de Badian.
xxxni
JBxtrait du Testament de TEvôque Jean d*Aranthon.
Je charge mes héritiers de faire mettre à l'Angle» ou sur le portail de la Maison des nouvelles Catholiques de Gex» une statue de pierre de la très-sainte Vierge» comme jel'ay promis» en reconnoissance de la protection particulière que j'ay trouvée auprès d'elle pour la démolition des Temples» et pour l'interdiction de l'exercice public de la Religion Prétendue Réformée dans ce Baillage là, avec cette Inscription au bas de la statue: Virgini Deiparœ heereseon extirpatriei in Mfmumenium gratitfAdinis ponehal Jocmnes Episcopus Genevtnsis. Je désire que cela soit vu des passans* afin qu'ils aient occasion d'hosorer la sainte Vierge » et de la remercier des grâces qu'elle a procuré à mon Diocèse dans le temps de mon Episcopat. Si néanmoins la chose se trouve exécutée à ma mort» j'en décharge mes héritiers.
Tableau des familles réfagiées du Pays de 6ex admises à la Bourgeoisie de Genève depuis Tannée 1662.
(Les rôles des personnes admises an droit de cité n'indiquant pas en général le lien d*origine des natifs, la liste que nous donnons est certainement trèsincomplète.)
1664 Jean Burdet, de Magny. — David Noiret, de Colonges sous l'Ecluse. — Jean Roux, de Colooges, avec ses trois fils*
1665 Noble François-Heleo , fils de feu Nob. Philippe de Livron, de Tougio.
1666 Jean Tissol^deFeigières.
1668 Elie Hudri , de Sessi» avec son fils. — Etienne Bramerel, de Crozet, avec ses deux fils. — Antoine Prou (ou Proust)» charpentier, de Grilli, avec ses deux fils. — François Perréat {ou Perréal), de Gex, avec ses deux fils. — Jean-François Barba, de Gex, avec son fils. — Jacques Destra (ou Detra), de S< Genis, avec son fils.
1669 Jean Raymond, de Chalex, avec ses deux fils. — Nob. Luc de Livron.— Pierre, fils de feu François de Choudens, de Thoiry. — Jean Bochet , de Chalex , avec ses deux fils. — Louis Favre (ou Faure), de Yernier. — Isaac Pillaud (ou Plllond), d'Avouson.
1670 Nob. Philippe de Gilliers , Baron de la Bastie - Beauregard, avec ses trois fils. — Antoine Decré, dit Calabrey , de Thoiry, avec sou fils.
1673 Alexandre Jaquemier, chaussetier, du pays de Gex, avec ses deux fils. — Louis De la Rue, chapelier, de Colonges.
1696 François Thomeguex, du pays de Gex, avec ses trois fils.* Gaspard Taccon, reconnu bourgeois de 200 ans. (Cette famille s'était établie dans le pays de Gex.)
1698 Nob. Philippe de Choudens, réhabilité. (Jean-François de Choudens, grand-père de Philippe, était auditeur à Genève en 1585; mais ses descendants avaient perdu le droit de cité en s'établissant dans In pays de Gex.)
1701 Jean-Pierre Du Roveray, cI*Avouzod. — Jean Antoine, Jean- François , Jean-Gaspard et Jacques* fils de feu S>^ Antoine de Choudens, natifs,
1704 Samuel, f\U d'EsaîeRoget» nalif, sans désignation d'origine. (La tradition conservée dans celle famille et la coïncidence des dates nous portent à la mentionner; son nom figura plusieurs fois dans le personnel administratif des Eglises du pays de Gex.)
170C Louis Branchu, vinaigrier» de Farges» avec ses deux fils.
1708 Lazare et Jean-Michel, fils de feu S>^ Michel Deflinod, de Colonges.
1712 Jean-Michel Masson, orfèvre, de Gex, avec ses deux fils.
1719 David Definod, de Colonges.
1723 Louis Marchand, de Colonges, habitant, avec ses deux fils.
1726 Amed Marchand, horloger, de Colonges, avec Jean-Pierre» son fils, et Amed , son neveu.
1727 Mathieu Duby , praticien, natt/, fils de Philippe Duby, de Moins.
1738 Ami Moine, maître chamoiseur , nolt/, fils de feu Nicolas, du
pays de Gex, avec son fils. — Marc Thomeguex, né à Gex,
horloger, avec ses deux fils.
1735 Pierre Girod, natif de Londres, fils de feu Etienne, du pays
de Gex.
1748 Pierre Aubert, faiseur de bulles de montre, natif de Chalex,
avec ses quatre fils.
1756 Charles-François Bouvier, maître horloger, fils de feu Pierre
Bouvier, originaire du pays de Gex, avec ses deux fils.
Décret du Grand Conseil du Canton de Vaud sur le versement des fonds de la Bourse des réfugiés du Pays de Gex dans la caisse de Thospice cantonal.
Le Grand Conseil du Canton de Vaud,
Vu le projet de Décret présenté par le Conseil d'Etat; Considérant qu'il n'existe plus d'ayant droit au fonds capital, soit à la bourse dite des réfugiés du Pays de Gex ;
Décrète:
Article l«r. Le fonds capital» qui constitue la bourse dite des réfugiés du Pays de Gex, est versé dans la caisse de Thospice cantonal*
Art. 2. Le Conseil d'Etat est chargé de l'exécution du présent décret.
Donné, sous le grand sceau de l'Etat, à Lausanne, le 23 Mai 1843.
Le Président du Grand Conseil, C. Monnard.
Le Secrétaire, L. Verrey.
Lettre de Mr. le Ministre de rin^érieur du Royaume de France à Mgr. FEvôque de Chambéry.
Quant à ce qui concerne le pasteur accordé en 1819 pour
tous les protestants de l'arrondissement de Gex, et dont la résidence fut fixée à Ferne;, celte nomination a eu lieu sur leurs demandes réitérées et d'après l'avis favorable de M^^ le Préfet. Ils se fondaient particulièrement sur ce que 700 protestants, résidant dans l'arrondissement de Gex, n'avaient d'autres moyens de suivre leurs exercices religieux que d'aller dans les temples situés en pays^ étranger, où ils pouvaient recevoir des impressions dangereuses. Il parut alors convenable de leur donner un pasteur qui exercerait sous la surveillance des autorités françaises. Or, Ferney étant le point central sur la frontière, entre les cantons de Gex et de Collonges, et renfermant d'ailleurs le tiers de la population protestante de tout l'arrondissement, le pasteur dut y être placé. Son traitement, de mille francs, est de la plus faible classe de ceux attribués aux pasteurs protestants; et il faut considérer que ceux-ci, étant ordinairement mariés et pères de famille, sont moins avantagés qu'ils ne le paraissent, que d'ailleurs, le roi était tenu, par la charte, de garantir à ses sujets protestants le libre exercice de leur culte, etc., etc.
Le Ministre de l'Intérieur,
Corbière.
28 mai 1822.
XXXVH
Rôle des Pasteurs des Eglises Réformées da Pays
de 6ex.
La liste que nous sommes parvenus à dresser présente encore de nombreuses lacunes, surtout pour le seizième siècle. Cependant, quoique imparfaite , cette liste pouvant être de quelque utilité, nous croyons devoir la publier ici à titre de document.
Les diverses circonscriptions paroissiales qui ont été successivement en vigueur dans le pays de Gex nous appellent à diviser le rôle des pasteurs en trois séries :
io depuis la Réformation (1536) jusqu'à la démolition des temples (1662);
jtp depuis la démolition des temples jusqu'à la révocation de redit de Nantes (1685) ;
3» depuis la restauration du culte évangélique (1797) jusqu'au temps présent.
i« SÉRIE. — (1536—1662).
Paroisse de Gex.
(Cette paroi:$se fut souvent desservie par deux pasteurs.)