P. de Vaux-Cernay, oh. XXXVII
ment : âpre altercation entre les deux chefs. « Eh bien, s'écria le fier Simon, rentrez dans votre château'et défendez- vous! » — Non, répondit Guilhem, mais posez, vous-même, vos conditions. — Ce droit, répliqua le hautain Montfort, s'humiliant, revient à monseigneur de Cîteaux ! » Le légat, délivré de son scrupule, décida : le comte restera maître du château ; Guilhem de Ménerbe aura la vie sauve, ainsi que tous les catholiques du bourg, et même les fauteurs des hérétiques. La même grâce est accordée aux parfaits, s'ils veulent se convertir à la foi catholique. Ce jugement modéré irrita les barons, et le fougueux Robert de Mauvoisin s'écria : « Seigneur lésât, nous sommes venus pour exterminer les hérétiques, et non pour leur faire grâce. Ils feront semblant de se convertir, par peur de la mort, et seront sauvés. Or, c'est à quoi ne consentiront jamais les pèlerins. »— • « Robert, dit l'abbé de Cîteaux, heureux de son stratagème et du fanatisme du croisé, ne crains rien ; très peu se convertiront. »
Le 22 juillet 1210 les croisés entrèrent dans Ménerbe précédés de la croix, et suivis de la bannière aulion de Montfort. Il était juste, dit le chroniqueur, que le Christ marchât devant, car il était le vainqueur Simon n'entra pas, laissant toute la gloire à l'abbé de Cîteaux. Le légat, chantant le Te Deum à la tête des pèlerins, se rendit dans l'église qu'il purifia de la prédication des cathares. Ils arborèrent sur le clocher l'étendard de la croix, et sur une