‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 95 sur 190 · G. deTudelle, LXI · texte numérisé non relu

G. deTudelle, LXI

une triple armée de Français, de Belges et d'Allemands. Ils se trouvèrent vers la mi-carême à Carcas-» sonne (10 mars 1211) *.

Deux jours après, Simon confirma, en faveur de Ramon de Cahors, l'acte par lequel il lui avait inféodé, pendant le siège de Ménerbe, les châteaux de Torvas et de Pézenas, avec tous les droits d'Estôve de Servian et des vicomtes de Béziers. Ces châteaux confisqués sur Estève avaient dû lui être rendus par son abjuration ; ce qui prouve, ou que Montfort avait manqué à son serment, ou que Servian, relaps, était revenu au parti national. Ce Ramon de Cahors était probablement le même que Ramon de Salvagnac, riche usurier de Cahors, qui, selon les chroniques romanes, s'était fait l'argentier de Simon de Montfort. C'était un traître, mais ajoutons que ce riz-pain-sel sanglant, qui avait rempli ses coffres des malheurs de la patrie, devait recevoir son châtiment. La victoire populaire fera rendre gorge à cette sangsue dévorante, et son domaine de Salvagnac-sur-Tarn sera rendu aux Rabastencs2. Simon donc confirma cette donation en présence d'Alix, sa femme, d'Amauri, son fils, d'Yves, abbé de la Cour-Dieu, vice-gérant de l'abbé de Cîteaux, des évêques et des barons français qui approuvèrent l'engagement du chef de la Croix. Il organisait l'intendance et le ravitaillement de la croisade.

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