II ,A MONSIEUR LE BARON
Oroix et les héros du céleste Amour. Là périrent dans le sang, avec la justice et la liberté, l'antique nationalité cantabre, la jeune civilisation romane, la double renaissance évangélique de l'Occident. Ce fut comme la ruine d'un monde. Qui souleva toutes ces tempêtes? La théocratie romaine.
Mais voyez ce fantôme qui vient s'asseoir sur votre seuil en gémissant. L'Eglise johannite d'Aquitaine implore aujourd'hui l'hospitalité de l'Eglise réformée de France. Elle sort des sépulcres pour vous raconter ses origines, ses guerres, ses douleurs, son martyre.
Votre Société forme comme un synode permanent, un aréopage religieux de l'histoire. Accueillez pieusement cette noble et sainte veuve. Elle n'est pas notre mère, mais sa sœur d'Orient. Elle vient de Pathmos et des sept Eglises d'Asie. Elle est la fille de l'Apôtre bien-aimé, et l'épouse mystique du Paraclet. Consolatrice, elle ne veut pas être consolée, non plus que la Rachel d'Hérode. Ses enfants ont été égorgés ; elle n'a plus de descendants, sur la terre. A-t-elle seulement un