‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 171 sur 292 · Le prieur de Vigeois · texte numérisé non relu

Le prieur de Vigeois

réunies de l'Aquitaine, de l'Angleterre et del'Aragon. Après les fêtes, Ramon VI, changeant de politique, rompit avec Philippe- Auguste, et rattacha sa fortune à la destinée orageuse du Cœur de Lion. Il déclara la guerre à la France1.

Cette paix, ce mariage, ce triomphe, était l'oeuvre de Bertran de Born. Après Richard, le grand troubadour eut la plus belle part dans ces fêtes. La fin du siècle s'assombrissait ; Rome redoublait de rigueur ; et c'est alors même que Waldo, banni de Lyon, se retirait en France, et de France allait se perdre chez les Slaves du Danube et du Rhodope. Rome hésitait entre une croisade en Aquitaine ou en Palestine. La trêve de trois ans, trois mois, trois jours était expirée, mais Saladin était mort un an avant la libération de Richard (1193). Ces héros ne devaient pas se retrouver au rendez-vous des batailles. Le grand Seldjoucide éclipsa les rois chrétiens jusque dans la majesté du trépas. On dit qu'avant de rendre le dernier soupir, il fît promener dans Jérusalem le linceul de pourpre et d'or qui devait l'envelopper dans le tombeau. Devant l'étendard ; funèbre, son hérault criait : « Voilà ce que le sultan Yousouf Mansour Sala-Eddin emporte de l'empire de l'univers I » Ce barbare domine son siècle de toute la grandeur orientale2.

Page 1