‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 188 sur 292 · Gariel. — Thalamus · texte numérisé non relu

Gariel. — Thalamus

siège poétique des tournois et des cours d'amour. Là se trouvèrent dans leur pompe féodale et chevaleresque tous les princes pyrénéens, les comtes de Commenges, de Conserans, de Gascogne, de Béarn. C'est alors aussi, singulière coïncidence, que Esclarmonde, vicomtesse de Gimoez quittait son château des Jordan de Lille pour se retirer, dans sa viduité, au castellar de Frédélas. Cette rencontre probable , serait significative, car l'énergique princesse provoquera les] conférences de Pamiers, reconstruira le donjon de Montségur, et surexcitera les guerres de l'indépendance romane.

C'est évidemment une conjuration nationale voilée par les tournois chevaleresques et poétiques. En voici une preuve encore. Les troubadours aragonais et catalans, venus à Muret avec le jeune monarque, joutèrent de la voix et de la harpe avec les troubadours qui suivaient les princes. Pierre Vidal y vint avec le comte de Toulouse, Ramon de Mira val avec le vicomte de Carcassonne, Guilhem de Tudelle avec les infants de Foix. Les poètes célébrèrent la rose d'Aragon, la colombe de Saragosse, qui venait régner dans Toulouse; ils vantèrent le beau et brillant monarque son frère, et les princes chevalereux d'Aquitaine et d'Europe. Le roi de France n'obtint que des sarcasmes. Pierre Vidal, le troubadour officiel, ne voyait en lui qu'un marchand couronné. « J'en parlerai peu, disait avec un magnifique dédain l'audacieux jongleur, peu il vaut et peu il donne ; mais, pour dérober, à lui la palme /' »

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