‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 213 sur 292 · Corba, corbina, corneille noire · texte numérisé non relu

Corba, corbina, corneille noire

drapeau funèbre. Les barons de Lantar brandissaient donc l'épée vengeresse de Goaïffer, le glaive ibère vainqueur de Roland et de Charlemagne. Depuis Roncevaux jusqu'à Jarnac et Montcontour, ils furent • toujours prêts à la tirer pour l'indépendance politique et religieuse contre les Francs et contre Rome1. Jordan de Lantar, un des héros de l'épopée romane, avait épousé Marquésia, soeur de Bernard de Marcafaba, mari d'une infante de Foix, et d'Arnauld de Villamur, seigneur de Saverdun, chevalier renommé par sa sagesse et sa valeur, et d'Amiel de Palhers, moins éloquent mais aussi belliqueux. Gorba était donc une fille des montagnes par sa mère Marquésia, dont le domaine indivis, selon l'usage, était avec les possessions de ses frères. à Marcafaba, à Palhers sur là Leza, et à Saint-Paiïl-de-Jarrats, aux portes de Foix. Par son mariage avec la fille des Lantar, le seigneur de Montségur fortifiait d'une sorte de parenté, l'office chevaleresque qui l'attachait héréditairement à la maison de Foix. Il est probable que cette union s'accomplit sous les auspices du comte, d'Esclarmonde, et d'un sacerdoce soigneux de resserrer le faisceau des races cathares. Mais il n'est pas moins vraisemblable, car il faut tenir compte des mœurs du siècle, que reculé par la sentimentalité romanesque, et la mysticité johannite de la vierge et du chevalier, cet hymen ne se conclut que lorsque les Lantar, expulsés du Toulousain par l'imminence de la croisade, se réfugièrent pour toujours dans leurs terres des Pyrénées. Telle était la maison de

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