Raynaldi, n. 59 et 69. — Innocent III. ép
tait de la superbe des Romains. Il prétendait que sa dignité épiscopale, bien que soumise à Rome, il ne la tenait pas du pape, mais directement de Jésus- Christ. Il refusa de se joindre aux légats pour demander au comte de Toulouse l'expulsion des johannites. Il fut cassé par Amalric comme son prédécesseur l'avait été par Albano. La tolérance fut la vertu et le crime de ces deux primats comme du prince de Gothie. Guilhem de Rocozel était le successeur de cet évêque Bernard qui, en compagnie d'Alphonse II, roi d'Aragon, et de Roger Taillefer, vicomte de Garcassonne, avait exécuté le premier massacre de iBéziers. Humain et libéral, Guilhem refusa d'exciter, le peuple et d'excommunier les consuls, amis des cathares. Bérenger et Rocozel en appelèrent au pape ; Innocent III confirma leur déposition. Pourtant il laissa Bérenger sur son siège pour ménager sans doute le roi d'Aragon qui, moins fier que son oncle, prosternait alors même sa couronne et sa tête royale aux pieds du pontife. Rocozel fut non seulement expulsé, mais encore, quelque temps après, tué par la trahison de ses serviteurs. (10 des calendes de mai 1205.) Il fut inhumé au monastère de Gassan dont il avait été prieur. Son épitaphe le qualifie de « pieux athlète, de prophète et de martyr, ayant supporté beaucoup de maux, et livré beaucoup de combats pour les mœurs antiques, dont il atteignit le faîte, et qui le couronnent de leurs rayons. 0 Christ, fais-lui grâce et qu'il vive éternellement dans le Ciel ! 4. »