‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 4 sur 292 · VI A MONSIEUR LE BARON · texte numérisé non relu

VI A MONSIEUR LE BARON

terres, des archipels, les Iles fortunées, et, comme Colomb, l'éden vierge de son Amérique. Surtout si ces terres ont été le séjour d'un peuple illustre par son génie, immortel par son trépas, et dont ces archipels sont le glorieux sépulcre. Tel est le ravissement de l'historien qui s'aventure sur l'océan inexploré des siècles morts. Tel est celui qu'il me fut donné de ressentir ; je naviguais sur une mer de sang, dans une nuit de feu, à la lueur des volcans, au roulement des tonnerres, entouré des monstres de l'anathème, gardiens d'un monde condamné. Et tout à coup, sous un ciel voilé, m' apparut à l'horizon attristé cette Atlantide albigeoise, délicieuse et funèbre, souriant dans la mort , comme une vierge étranglée à son premier amour, et reposant depuis six cents- ans dans son linceul d'oubli et dans le vague brouillard des siècles. Comme messire Gauthier de Mauny, retrouvant le tumbel de son père, je découvrais la sépulture des ancêtres, et je crus mourir de saisissement1.

Je me suis arrêté vers l'an 1000, l'heure la

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