LIVRE DEUXIÈME S
héroïque, mais nous pensons que c'est Laurac, chef-lieu chevaleresque du Lauragais. Si notre conjecture est fondée, nous adhérons volontiers au titre un peu emphatique que ce bourg, aujourd'hui rustique, alors guerrier, prend toujours de Laurac k Grand, pour se distinguer de Lauraguel et de Laurabuc. Ce jour-là, il fut grand et magnanime de cœur et digne de la race illustre dont le manoir antique couronne la cime de son monticule sur les abruptes déclivités duquel ses maisons sont jetées en chapelets et en cascades. Le jeune seigneur de Laurac était Bernard-Othon d'Aniort, héritier, par sa mère Esclarmonde, d'Améric de Montréal, et possesseur, comme son oncle, des deux grandes diàtellenies de Laurac et de Montréal. Le bouillant Othon, un héros imberbe de la délivrance romane, défendit sans doute son glorieux donjon, à l'exemple de ses frères, les chevaliers d'Aniort, et de leur voisin Guilhem de Peyrepértuse qui, sommés de descendre de leurs rochers, s'enfermèrent fièrement dans leurs castels de Gerdagne. C'est aussi probablement à Laurac, refuge assuré et favori des hérétiques, que les croisés firent une capture importante, celle d'un évêque nommé Guilhem*. Ils crurent que c'était le pape des Albigeois^ et son rang présumé fut cause qu'au lieu de le tuer sur place on l'envoya probablement à Toulouse pour que son supplice inaugurât l'établissement de l'inquisition. L'homme espère avidement ce qu'il désire, et les croisés crurent tenir dans cet évoque le patriarche