LIVRE DEUXIÈME S
par ses lâches bourgeois, quitta pour toujours son poétique manoir et se retira sans doute au donjon de Penne. Ses tours recueillirent les solitaires 'des grottes et les faidits des forêts. Il se* forma sur cette dme un camp de proscrits, dont Bertrand de Toulouse, vicomte de Bruniquel, et les deux Taillants frères Olivier et Bernard de Penne furent les chefs guerriers, et dont Jordan de Saint-Ân* tonin fut le troubadour et la harpe. Par Saint- Antonin, Peyrusse et Gordoue, la JPrance domina les deux rives si gracieuses et si pittoresques de fÂveyrony et pour mieux courber au joug le fleuve indompté, construira bientôt deux nouvelles forteresses, la Française vers son confluent, et vers sa source ViUe franque de Rouergue.
Par le démembrement du comté de Toulouse, Toccupation des dix forteresses, le démantèlement deS trente villes, l'hommage des barons et des consuls, et la soumission des bourgeois et du peuple des campagnes, le mandat des deux commissaires exécuteurs du traité de Paris se trouva complètement rempli. Mathieu de Marly et Pierre de Colmieu retournèrent donc en France pour rendre compte de leur mission à Blanche de Gastille. Le maréchal Humbert de Beaujeu revint également en France ^. Son expédition avait duré quatre ans : la conquête était terminée ; la victoire était entière. Paris fêta sans doute le conquérant de TÂlbigeois. Humbert ne fut point le vainqueur, mais le ravageur du Midi. Les vainqueurs du comte de Tou-