‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 172 sur 506 · Hist.duLang-, t. V, pr · texte numérisé non relu

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possession de Mirepois, hérissa son monticule de hautes murailles, de vastes tours et de sinistres crénelurès, dans Tenceinte dentelée desquelles le donjon, à Topposite de la porte ogivale ouverte à l'ouest, s'isolait du manoir féodal qu'il dominait et s'escarpait à l'orient. Il détruisit le bourg, au pied du château, trop dangereux pour le tyran catholique et féodal ; il le reconstruisit dans la plaine, sur la rive opposée de l'Ers. Gui de Le vis, devenu le maréchal de la Foi * ou de l'Inquisition, reprit Don, Léran, la Hoca, Massabrac, Lavelanet, Bêlestar, dont les seigneurs étaient alliés ou vassaux de Mirepois. Il ne s'arrêta que devant Montségur, dont le donjon, inexpugnable sur sa cime, brava quinze ans encore, du sein des nuées, les colères du roi de France et de l'Église romaine*.

Du haut des cimes de Thabor, le camp des faidits de Hontségur, par-dessus les têtes des croisés et des inquisiteurs, haletants dans les plaines de Car* cassonne, saluait, à vingt-cinq lieues vers le nord, sur la Montagne-Noire, semblable à un nuage obscur, le camp des faidits de Nore.

1. Ce n'est pourtant qu*au xvo siècle que les marquis de Mirepois ont pris ce titre dont ils exerçaient la fonction depuis la croisade.

2 Gai de Lévis mourut en 1230. Il voulut être frère de la patriotique abbaye de Bolbonne. C'est là probablement qo'il choisit son tombeau. Ce farouche gardien des Marches M ¥<nx, non content de surveiller, vivant, les comtes dans leuK donjons, voulut, mort, surveiller encore ces princes àm leurs sépulcres.

LES FAIDITS d'ESPAGNE.

Cependant un troisième groupe de faidits, formé de proscrits de la Montagne-Noire, des Corbières, des Pyrénées, remontait lentement les rampes du Donazan et du Gapsir pour se retirer en Espagne ^ Le prince de ces exilés était le jeune vicomte de Garcassonne, à qui les chefs croisés venaient d'arracher une seconde fois Limous et Ghalabre, et qu'ils rejetaient derrière les grandes montagnes. Ceux qui l'accompagnaient étaient les officiers de sa cour, les plus hauts barons de l'Albigeois, de nobles dames célèbres dans les ballades, des troubadours avec leurs harpes muettes ou éplorées. Mais, arrivés aux ports des Pyrénées, au moment de passer la frontière catalane, beaucoup sentirent défaillir leur cœur. Ils reculèrent devant l'exil et ne purent s'arracher au sol natal, aux foyers paternels. C'étaient, surtout, les montagnards plus enracinés à leurs rochers. Ils transigèrent avec le roi et n'y gagnèrent que d'être dévorés un peu plus tard par l'inquisition. De ce nombre était, nous l'avons vu, Guilhem de Pierrepertuse, de la souche primitive de Fenouillèdes, vicomte pyrénéenne, que Ava, héritière de la branche aînée, avait portée

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