LIVRE QUATRIÈME 35i
se fit sous le patronage de la f^rance. Le parti roman croyait par cette jeune fille s'attacher le vicomte, et le parti français enchaîner au contraire Je comte pyrénéen. Améric, da conseil des notables de la ville et du bourg, et de son beau-frère Mathieu de Marly, lieutenant du roi, accorda Tinûnteau héros du Midi, qui, outre la belle fiancée, obtint encore, dans le cas d'extinction de toute postérité masculine, le droit de succéder à son beaupère dans la vicomte de Narbonne. Il est vrai qu'il acheta ce droit en payant quinze mille sols melgoriens pour la dot de sa belle-sœur, Marguerite de Narbonne, épouse de Guilhem de Montcade, vicomte de Béarn. Lies noces se célébrèrent au palais vicomtal , où l'on vit, entre le commissaire de la reine Blanche et les chefs croisés, figurer Pierre Roger de Mirepois, Bernard de Durfort, Ramon de Saverdun, des chefs cathares et des faidits du Thabor. Montségur, quelques jours après, de sa cime désolée, vit, avec un sourire mélancolique, passer dans la vallée de Li^velanet le cortège nuptial de la fille des Lara, gracieux symbole des espérances de la patrie, s'acheminant vers les tours de Tarascon par la même route que, deux ans auparavant, suivait en sens inverse le Convoi funèbre de la comtesse Ërmessende de Gastelbon (10 fév. 1232)*.
Ces mêmes tours de Tarascon, où était morte Ermessende, avaient encore vu, l'année précédente ii3mars 1231), une double solennité nuptiale, qui termina le deuil des infants de Foix, car telle est la