Galers, à Calore
2. Les D'Ounous sont-ils les mômes que les D'Honous du Lauragais, et les d'Honous que les Ënfans de Nous des environs de Garcassonne ?
UYRE QUATRIÈME 377
ment. Le petit boi^rg de Gaillac est fier de ses dixhuit cloches, dont les clameurs assourdissantes pourchassent incessamment dans les nuées, les doux esprits rêveurs des Cathares, ennemis, on le sait, de ces bruyantes capsules de bronze, qu'ils appelaient élégamment les trompettes du prince de tmr *. Ramon de Pérelha aperçut enfin, dans la brume du soir, le clocher aérien de Saint-Quirc, entouré de son cimetière planté de cyprès : c'est au pied de son monticule qu'est le Pas de las Portas, rendez-vous de Guilhabert de Castres.
ly
U fia DB LAS POKTAS. — LES CHETALIEIS ISARIf DB FANJAU8, BAMON UBOIB BB BABAT, PIBRBB BB HAZBB0LLB8. ^ LES CHATEAUX DB SAINTntlS, DB BAMABBAC BT DE PALBEBB.
Le Pas de las Portas a perdu son nom avec les poternes qui fermaient Saint-Quirc du côté du couchant. Le ruisseau de Calers qui borde cette entrée du bourg, lui a substitué une nouvelle appellation, de moitié avec le signe de la victoire romaine dont on a exorcisé ce sol hérétique. 11 s'appelle aajourd'hui la Crouz del Bdadot, la Croix du Petit
1. Ganiae, à la Révolution, a dû hériler des cloches de l'ibbaye de Calers, ce qui explique l'existence, dans un si peut bourg, d'un si magnifique carillon.
378 Li:S ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
Fossé. C'est, à la jonction de, trois chemins, un carrefour triangulaire, d'environ vingt pas d'étendue, mais évidemment rétréci, au centre duquel s'élève une croix rustique, sous un massif d'arbustes composé (juin 1853) d'unprunelier aux fruits verts, d'une aubépine défleurie, et d'un églantier en fleur, brodant de ses roses agrestes, ce dôme de verdure asile d'un rossignol. Invisible sous le feuillage, il soupirait langoureusement : on eût dit, selon une superstition pseudo-cathare, l'àme d'un troubadour, exilée pour ses folles chansons, dans la gorge de cet oiseau, et, pour avoir nié le divin mystère de la croix, expiant son erreur par de mélodieux sanglots, dans ce riant calvaire. Nous étions nousin l'Orne profondément ému à l'aspect de ce lieu désert, et au souvenir des grands proscrits du xiu^ siècle. C'est là que Ramon de Pérelha s'arrêta sur le soir; c'est là qu'à demi caché par Tombre de la nuit et des bois, il attendit en silence, au milieu de ses écuyers descendus de leurs chevaux ; tandis que l'un de ses compagnons peut-être, du haut du monticule du cimetière de Saint-Quirc, immobile, interrogeait dans le lointain, le cours de l'Ariége rapide, et les collines du Lauragais d'où venaient les prêtres albigeois.
Us traversaient le fleuve, amoindri par la canicule, au-dessous d'un gros bourg muré dont le clocher effilé forme un gracieux paysage au confluent de l'Ariége et de l'Ers, nommé, de cette jonction des eaux, Tramesaïgas (Inter ambas aquas). C'est Cincte-Gabelle, assis au pied d'un monticule fortifié, (*omme l'exprime encore son nom romano-can-