‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 229 sur 506 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

comme un patriarche de Constantinople, qui reconnaissait pour patron Jean, Tapôtre de TOrient, et dont la basilique métropolitaine était consacrée à FAgia-Sophia, la Sagesse éternelle. Les cathares partageaient là-dessus, en les dépassant, toutes les i^es de Grégoire de Nazianze. Seulement, au lieu du Verbe, ils invoquaient le Paraclet. Us accordaient une suprématie immense au Fils de Zébédée. Ses écrits formaient à peu près toute leur Bible. L'évangile Johannite commençait leur histoire» et l'Apocalypse de Pathmos ouvrait leur épopée. Leur génie avait le tempérament de Taigle, symbole de Boanerges, et ils étaient véritablement les enfants du tonnerre, du soleil et des nuées.

Par l'apôtre Jean V ami du Sauveur, et par son évangile, la perle de la Bible, les cathares étaient nonseulement d'origine orthodoxe, mais encore de la plus haute et de la plus pure lignée évangélique. Et pourtant ils sortirent de l'orthodoxie par- un raffinement exagéré et par un élan éperdu vers l'idéal chrétien. Non contents d'avoir V évangile spirituel, ils l'interprétaient dans le sens de la plus haute mysticité. Ils n'étaient pas seulement mystiques • ils étaient encore gnostiques. Leur christianisme était une gnose, c'est-à-dire, une connaissance; une prédication et non un sacrifice : leur chef était le Verbe enseignant, et non VHomme Dieu souffrant. Gomme le Dieu-Sauveur de Platon, il sauvait par la vérité, non par l'expiation et le martyre ^ Le catharisme, au fond, supprimait la croix,

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