Poèmes et symboles Vaudois : Muston, Israël des Alpes
ORDiMATIONS DE H0NTSÉ6CR. — ÉVÊQUES ET DIACRES AU1GE0I8.
Guillabert de Castres avait convoqué le Synode pour la Manisola, la troisième fête cathare , qui se célébrait en automne. A la voix de leur patriarche, les Amis de Dieu sortirent de leurs grottes et de leurs forêts : de tout le Midi ils se mirent en marche vers Montségur. Il ne survivait de l'ancien épiscopat albigeois que Bernard de Simorra , et Benech ou Benazet de Termas. Benech était évoque du Razez et du Termenez. Depuis que le château de Termes, son berceau féodal, avait été vendu au roi de France, révêque proscrit résidait, soit au manoir ami de Quéribus (la Roche-des-Buis), soit dans les bois et les antres du Bugarach. Bernard de Simorra s'était illustré à Carcassonne par sa lutte contre l'évêque d'Osma et saint Dominique, en présence du roi d'Aragon (1204). Expulsé deux fois de sa métropole, l'évêque du Carcassez n'avait pas suivi dans l'exil l'orphelin des Trencabel; il s'était retiré au confin septentrional de son diocèse, avec les Ramondens de la Montagne-Noire. Il est probable que Ramon et Olivier de Termes accompagnèrent leur oncle à Montségur, et que le roi du pic de Nore, allié probablement de Guillabert, par sa sœur Ermengarde, épouse d'Olivier de Saissac, seigneur d'Hautpoul et le favori des troubadours, avec les
UVRE CINQUIÈME It^
seigneurs d'Aragon, de Saissac, de Cab-Âret et du MinerboiSy escortèrent Bernard de Simorra sur les montagnes du Thabor. Le synode de Montségur ne devait pas être seulement composé d'éyéques, mais encore de seigneurs laïques, comme les anciens conciles d'Espagne ; il ne s'agissait pas uniquement d'une réorganisation sacerdotale du catharisme, mais d'une reconstitution générale détentes les forces religieuses et chevaleresques da Midi.
01i?ier et Bernard de Penne, ces hardis chefs dU' camp des faidits de l'Aveyron, accompagnèrent sans doute les diacres de l'Albigeois, du Rouergue et du* Quercy, et peut-être leur illustre mère suivie des diaconesses de laGrésigne, qui sortit de sa grotte de Bnmiquel pour visiter la Mère des parfaites du Thabor, la grande Esclarmonde de Foix. Avec eux devaient venir les puissants seigneurs de Rabastens dont le rude et tenace chef, Pelfort, le gentil orateur*, ^ux d'Escaronia de l'Ile-enJourdan, était gendre de la vénérable vicomtesse de Gimoez et cousin germain du comte de Foix. Il entraîna sans doute sa nièce, Condors de Rabastens, et son mari Bertrand, irère du comte de Toulouse , et seigneur par sa femme de Bruniquel et de Pui-Gelsi dont on avait abattu les murailles. Nous verrons bientôt qu'Alaman de Roaix, qui avait l'honneur de loger dans son palais le comte Ramon déshérité, se rendit avec son jeune fils à Montségur. Plusieurs autres chefs des nobles familles chevaleresques et capitulaires, les Pierre de^