‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 244 sur 506 · Du Mège. Il existe encore des Bonafos à Garcassonne · texte numérisé non relu

Du Mège. Il existe encore des Bonafos à Garcassonne

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de rage, de la renommée. Il était dans sa métropole, et ce rocher était son trône sacerdotal. Le patriarche de Montségur réunit, dans la grande salle capitulaire du château, Bernard de la Motta, évêque probablement de l'Albigeois, Bernard de Simorra du Carcassez, Benazit de Termas du Rasez, Agulher daTermenez,Tento de l'Agenez, et leurs collègues inconnus du Quercy, du Périgord, du Rouergue, du Henerbois, de la Gascogne et du Val d'Aran. Audessous des évêques prirent place lôurs fils-majeun, Vicoros de Bocona, Bertran d'En Marti, Ramon de Sant-Marti, Joan Cambisj^ré, futurs évôques. Au-dessous encore, des fils-mineurs, des diacres, des sous-diacres, des anciens, des parfaits, et même des croyants laïques. Car ce synode de Montségur, semblable aux conciles d'Espagne des anciens temps, fut une assemblée politique aatant que religieuse oii se débattirent à la fois les intérêts communs et les destinées confondues de la patrie romane et de l'église albigeoise. A côté des évêques et des diacres, siégèrent les barons et les chevaliers. D'ailleurs l'épée se mêlait avec la houlette, et le fit sacerdotal avec le ceinturon chevaleresque. Dans les divers degrés de la hiérarchie figuraient des Lantar, des Bélissen, des Galtelverdun, des Maïreville, des membres de toutes les grandes races féodales et consulaires du Midi. Pierre Polha (poulh, le coq) vulgairement appelé Pépolha Carcassez, parce qu'il était natif des environs de Carcassonne, et peut-être diacre de ce diocèse, fut le notaire ou secrétaire du synode *.

i. Doat. XXil. Procédures inquisit.

Le secret le plus profond entoura les délibérations du synode et le temps qui couvre tout de son ombre en a irréparablement consommé le mystère. Mais de quoi pouvaient délibérer sur cette cime ces évoques et ces barons proscrits? Ils renouvelèrent sans doute la convention tacite conclue vingt-cinq ans auparavant avec Esclarmonda de Foix. Montségur fut proclamé de nouveau le sanctuaire et le capitole de la cause méridionale, le si4ge du sacerdoce, l'asile des faidits, le refuge des hospices, des écoles, le dépôt des armes, des archives, du trésor coB[imun, et toutes ces chères reliques de la religion et de la patrie furent confiées aux mains fidèles de Ramon de Pérelha. Après ces grandes questions politiques et religieuses vinrent .des .questions secondaires d'organisation ecclésiastique. Le pays d'Olmès, d'abord aux vicomtes de Carcassonne, était passé dans les derniers temps aux comtes de Foix. Cette fluctuation de la frontière des deux comtés avait produit un léger conflit sur la limite commune des diocèses de Toulouse et du Rasez. Le débat entre Guilhabert de Castres et Bénazit des Termes fut jugé conformément à la décision du synode de Caraman (1167). L'Ers, qui coule au pied de Montségur, forma la ligne de démarcation depuis les gouffres fatidiques jusqu'à Mirepois; c'est le grand Ers pyrénéen qui se jette dans l'Ariége ; il ne faut pas le confondre avec le petit dont la source est à Font-Ers en Lauragais: celui-ci se perd dans la Garonne, au couchant de Toulouse *.

Les évêques complétèrent ensuite le service de

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