‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 252 sur 506 · UVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

UVRE CINQUIÈME

STHODE DE H0NT8ÉGUR. — SACBBDOCE CHETALERESQUE. — GARDE SA- CnoOTALB. -* ORGANISATION VE8 DIACONESSES. ^ RBSSENDA DE TXLHO SCGCftOB A ESCLARMOMDE DE FOIX.

Tels furent les diacres et les diaconesses qui probablement assistèrent au synode et participèrent aux ordinations de Montségur. Ils sont environ deux cents pour le Lauragais ; il nous manque ceux des vallées de TAriége, de la Lèze, de TArize et de la Garonne : on doit évidemment décupler ce nombre pour le catharisme méridional. Nous pouvons par là nous faire une idée de l'activité prodigieuse de la propagande albigeoise. Et pourtant ni le nom bre ni l'activité n'étaient suflSsants. L'apostolat surtout manquait de défense et de protection. Il fallait opposer une résistance plus vigoureuse aux fureurs de plus en plus sauvages des inquisiteurs. Le synode résolut de mettre le sacerdoce pacifique sous la garde d'un diaconat guerrier et d'un épis-

eaux : l'un et Tautre patrons de TAquitaine. Ces deux noms passés des Ibères aux Romains, et do Rome dans TËglise^ ont servi à désigner dans la société chrétienne, le premier, les saints, les purifiés (sancti) ; et le second, les purificateurs, les pontifes (pontifices). Le Christ eut parmi ses juges un Romain, Pons le Velu (Pontius pilatus) qui vint unir son pontificat sabin à la sacriûcature juive de Gaïphe, pour qu'aucun sacerdoce, hébreu et pa'ten, ne manquât à la crucifixion du Verbe-Dieu.

copat chevaleresque. En conséquence il décida la formation d'une espèce de tiers-ordre demi-laïque et demi-sacerdotal. Il dut se recruter parmi les héros des guerres romanes. Ces barons, sortis mutilés de tant de champs de bataille, entrèrent en foule dans cette prêtrise militaire, dans cette chevalerie du Paraclet : ils devinrent les paladins du céleste amour. Leur chef paraît avoir été Gérald-Bernard de Gordon, seigneur de Caraman, dont le père avait reçu dans son manoir le pape bulgare Nicétas. L'inquisition, du moins, donne à ce baron le titre d'hérésiarque qui semble indiquer une certaine suprématie. Quoiqu'il en soit, au nombre de ces diacres soldats, de ces évoques chevaliers, on signale encore Loup de Foix, frère du comte, Alaman de Roaix de Toulouse, Ramon de Sant-Marti, du Lauragais, deux Lantar, trois Belissen, quatre Du- Mas-Sant-Andréo, et les Quiders, et les Villèle, et les Roque ville. Ces prêtres guerriers prêchaient et combattaient, brandissaient la parole et la lance, et se revêtaient d'une double armure, l'évangile d'amour et leur cotte trélissée de fer. Pour des hommes, nuit et jour à cheval, on dut modifier les règles ascétiques. Comme les croyants vulgaires, ils mangeaient de la chair, vivaient dans le mariage, versaient le sang, donnaient la mort, et, sans doute, administraient aux moribonds le consolament suprême. Ils n'étaient pas sans analogie avec les ordres militaires. Mais ils furent institués pour combattre ces moines chevaleresques : non pas tant les Hospitaliers, fraternels aux Albigeois, que les Templiers cruels, cisterciens armés et fa-

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