‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 281 sur 506 · Petrarca : Triomfo d'amore · texte numérisé non relu

Petrarca : Triomfo d'amore

il n'est point Espagnol, car il ne donnerait pas une pomme pourrie de tous les monarques de TEspagne. Le mystère dont il se voile aussi .bien que les contradictions de son poëme indiquent les défaillances de son esprit. Peut-être montrent-ils aussi les indécisions du patriotisme méridional, et les fluctuations de la politique des comtes de Poix. Ce poëte semble n'avoir pas eu le cœur au niveau de son génie, ni à la hauteur de l'épopée romane. Il reste indécis jusqu'au désastre de Muret qui étouffe sa voix. Mais l'inspiration lui vient dans l'exil de Catalogne. Il se tait sur cet exil, évidemment il n'est pas Espagnol, mais dans ce silence, il prend l'âme nationale et le génie épique. Comme il dramatise bien cette scène incomparable, sur le plus grand théâtre du monde, le comte Ramon-Roger de Foix, et ses compagnons, Arnauld de Villamuret Ramon de Rocafeuil, plaidant au concile de Latran, ou â la cour pontificale du Vatican, la cause de la patrie méridionale , de Tenfant exilé de Toulouse, et de Torphelin déshérité de Carcassonne, déshérité avant même qu'il connût un petit oiseau! De quel coeur il peint les comtes de Toulouse, sortis désolés de Rome, et débarquant â Marseille, où les accueillent les faidits de Provence qui, de la plage, les conduisent, devisant de guerre et d'amour, vers la noble république d'Avignon ; et les adieux du comte et de rinfant, quand le vieillard se rend à Barcelone, où l'attendent les exilés de Toulouse qui, de la grève, l'entraînent au camp de Castelbon, pour de là traverser les Pyrénées I De quel accent ému il raconte les Provençaux, descendant le Rhône avec

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