HospinieD, Antonia de Florence
la propagande populaire des johannites. Il mit au service de l'Église de Rome les forces d'intelligence et d'éloquence de l'Église du Paraclet. L'institut de Prouille ne fut donc que la reproduction catholique et constituée avec la vigueur romaine, des hospices fondés par Ksclarmonde au Castellar de Pamicrs, et transférés par GuiUabert de Castres sur la cime sauvage de Montségur.
Fanjaus est resté comme un fief monastique de Dominique de Gusman. La vieille cité, marquée de son sceau tragique, en montre à tous les carrefours les fameux symboles, la brebis et la croix. Cette brebis abattue et comme transpercée de l'épteu d'un chasseur, n'est qu'un trop fidèle emblème de son peuple devenu un aijneau de boucherie. Au ui' siècle, Fanjaus avait une nombreuse chevalerie avec un fort consulat plébéien qui gouvernait la cité sous un riche et brillaot seigneur féodal. Isarn et Auda de Fanjaus voyaient arriver à leur cour des barons, des dames, des troubadours, le vicomte de Carcassonne, les comtes de Foix et de Toulouse, les rois d'Angleterre et d' Ara^'on, Ils y présidaient des tournois, des plaids d'amour, des synodes théologique^. On y soutenait dîs thèses de sentimentalité platonique et de reli;^'iosité platonicienne. Fanjaus, siège de l'archidiacre, était une métropole secondaire de l'Église du Paraclet. Sur sa montagne dentelée de la crénelure de ses murailles, Fanjaus resplendissait dans les aii :^ comme une corbeille en fleur de civilisation chevaleresque et de perfection cathare. Six siècles sont passés : Fanjaus, dépouillé de ses murailles par le roi de Frïince, de sa cheva-
lerie par la croisade, de son albigisme par ï sition, de sa civilisation par le fanatisme, etj le reste par le temps; Fanjaus n'est plus qu'^ bourg rustique, perdu dans les terres, d'unj délabré, et qui ne montre au voyageur qn choses également sinistres, son cloaque d^ des, et le berceau des inquisiteurs. D'où lu cette irréparable déchéance? Du moine esg son druide catholique. Dans son délire ii! Fanjaus adore Dominique, son meurtrier;, struit Prouille, son vampire ; glorifie la e^ qui lui a tout ravi jusqu'au souvenir uationaj jauB ne se souvient plus de sa gloire romanea plus triste encore, il maudit peut-Ctre ses a nimes aïeux. Civilisation, patriotisme, hq héroïsme, liberté, tout celan'estplus que dçU sie. Que Fanjaus pourtant, ou plutôt que J tout entier, dont Fanjaus est l'exemple | lamentable, le sachebien.il estdesdéchéan^ ritées et des hontes expiatoires. Cepeudantl venir national regerme dans quelques cœuq dant que je visitais le monument de saintj nique, et que je lisais son inscription légenJ fabuleuse, un laboureur arriva sur ce plaM sert. Je lui demandai le nom de ce carrefoa que d'une croix ; il me répondit en roman ; j Sengnadour ou plutôt, ajouta-t-il avec unj amer, le Sangnadoar. C'est effectivement le d de Fanjaus <. i
1. Senhador, sengnadour, lieu du signal; sand lieu du sang. Je regr(»Ue dû ne pas avoir retenu làl
ce vaillant laboureur. Son aimable compnguon, |