LIVRE SIXIËUB
réclament le baron patriote. Les bourgeois jettent leurs capes, et tirant leurs dagues, s' élancent en vociférant : A lorlà ior ! aiicis I aucis I (A eux, à eux, tue, lue I) Le vicomte, le prélat, l'Inquisiteur se retranchent daus leurs tours. L'archevêque interditle Bourg. Le Bourg est déclaré hérétique. Les bourgeois envahissentla cilé, dévastent le palais de l'Inquisition, bannissent l'archevêque, et ne gardent que le vicomte, d'origine romane. La cité rappelle le prélat et combat contre le Bourg, et pendant deux ans la guerre civile ensanglante Narbonne. Les consuls en appellent au Saint-Siège et se chargent de ramener le peuple si le pontife lève l'eicommunicaliou'.Rome hautaine repousse leur sage médiation ; alors ils s'adressent au roi de France. Le monarque, désireux d'éteindre une insurrection qui pouvait gagner toutes les cités du raidi, s'empressa de pacifier Narbonne, de concert avec le comte Ramon VIT. Les deux princes commirent à cetefTet, le roi son sénéchal deCarcassonne, Jehan deFricamps, et le comte Pona de Villeneuve, son sénéchal de Toulouse. Les sénéchaux et les consuls, après bien des négociations, s'abouchèrent au château de Carcassonne. Au nom du roi de France, Jehan de Fricamps, condamna la cité de Narbonne à réparer les dommages du Bourg ; mais il abolit VAntiitança populaire et banait ses chefs en les envoyant combattre les infidèles d'Espagne et d'Orient. II est probable que Villerouge et ses compagnons n'allèrent pas si loin, et que pour guerroyer