Hist. du Lang.^ t. V, p
ducomtede Toulouse,ancienetdébonnaireseigneur, ,
préférable à Tâpre conquête étrangère, à la redoutable domination du roi de France. D'ailleurs qu'importent les princes, pourvu qu'ils soient soumi9 à rËglise romaine, et qu'ils obéissent au pape ? La diplomatie relèvera, consommera la croisade. Les évoques sont un moment séduits, entraînés. Le négociateur fut naturellement Thédise. Les princes acceptent ces offres de paix. La nécessité qui le9 avait forcés de conclure une trêve avec Amaury de Montfort, les contraint encore de conclure une alliance avec Arnauld-Amalric. Ils veulent relier tous les partis en faisceau : il convient surtout d'écarter le roi de France. Le vieil archevêque convoque un synode provincial. Il s'assemble à Montpellier, le lendemain de la Pentecôte ^ Les comtes de Toulouse et de Foix s'y rendent avec leur jeune cousin Trencabel. Les trois princes, au dire du tabellion sacerdotal, promettent : 1" de garder la foi catholique ; 2^ d'obéir à l'église romaine ; 3® d'expulser les hérétiques ; 4^ de rendre leurs biens aux églises et aux monastères ; enfin de payer, en plusieurs termes,20,000marcsd'argent, moitiéen tribut aux évêques» moitié en indemnité au comte de Montfort. Le pape en retour obtiendrait d'Amaury son renoncement aux conquêtes des croisés, et luimôme annulerait les décrets du concile de Latran,, et conséquemment anéantirait les anathèmes fulminés contre les comtes pyrénéens. Nous verrons tout à l'heure que les princes firent entendre de plus
i. Baluze, conc. Narb. 60.
généreux accents ; mais enfin, ils consentirent, et scellèrent leur engagement dont le titre fut immédiatement envoyé par le vieux primat à Rome. Honorius n'accepta ni ne refusa ces préliminaires, et, sans s'expliquer davantage , répondit qu'il attendrait les résultats d'une seconde conférence annoncée pour l'octave de l'Assomption, et l'ambassade qu'on devait envoyer pour la signature de la paix au Vatican. Cette seconde conférence eut lieu le 25 août encore à Montpellier. Les trois comtes renouvelèrent leurs serments. « Comme servir l'église c'est régner, leur fait dire superbement le scribe sacerdotal, nous exécuterons les ordres du saint père, sauf la domination de nos seigneurs, le roi de France et l'Empereur d'Allemagne. » La réconciliation semblait donc conclue et l'ambassade romane, conduite par l'archevêque d'Arles, partit pour en sceller solennellement les actes dans la métropole du monde catholique ^
Ces négociations remplirent toute cette année entre les deux mariages de Bernard de Commenges et de Bertran de Toulouse. Les princes passaient des fêtes auxconciles, des consuls aux évêques, des manoirs des barons aux grottes des solitaires. Us tâchaient de réconcilier toutes les forces vives de la nationalité romane. Mais il est des principes, ainsi que des animaux, qui hurlent d'être attelés au même char. Et comment faire paître ensemble la brebis de Toulouse, la louve de Rome, le lion de France ?