‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 343 sur 506 · Percin, Mûn., [>. 01. — iiti,'. del'Iaq · texte numérisé non relu

Percin, Mûn., [>. 01. — iiti,'. del'Iaq

)7(i LUS ALBIGEOIS ET L'IiNOL'ISlTHJS

église johannite. Au camp des princes exilés avait succédé une église indigène de pâtres; comniuDauté rustique , mais héroïque d'origine , fondée par Guilliabert de Castres, et dont la première semence .avait été le vicomte Arnauld, et sa noble fille, Ermessende, comtesse de Foix. Pierre , évi^que d'Urgel, voulut d'abord se rendre en .personne & Gaslelbon Par deux fois, ces montagnards menacèrent de tuer le prélat inquisiteur. Pierre, alors, somma Roger-Bernard, comte de Foix, de lui livrer d'abord trois hommes, puis cinq, puis seize, puis enfin quarante-quatre. Le magnanime comte répondit qu'il ne lui livrerait aucun de ses vassaux, et que d'ailleurs, depuis la mort de sa femme Ermessende, il avait cédé à son fils Roger la vicomte de Gastelboo, Alors Guilliem, procurateur de l'arclievùque de Tarragone, somma Roger, infant de Foix, d'ouvrir ses terres aux agents de l'inquisition. Roger, au concile de Lérida, y consentit; mais les prélats espagnols exigèrent encore que ce prince indocile, pour que l'œuvre de l'inquisition s'accomplît mieux, plus tùrement, et plus co»»plètement, remît sa vicomte à son beau-père, Ramon Folch, vicomte de Cardonna Ces précautions prises, les iuquisiteurs.domiuicains et franciscains, et d'autres clercs, montèrent à Gaslelbon. Ils condamnèrent quarante-cinq hérétiques, croyants ou parfaits, dix-huit morts dont ils firent exhumer et brûler les ossements, et quinze contumaces. De ce nombre était Pierre Du Mas » , qui refusa

(. Prohobleniftit de la maison de Saîat-Ânilréo, et resté

ileimis l'eKÎl à Ca^telboii, pour le service du comte.

LIVUE SIXIÈME ITT

constamment de comparaître aux sommations réitérées des inquisiteurs, et Joan du Val d'Andorra qui vint une fois pour traiter de la paix entre le comte de Foix et l'église d'Urgel, et qui ne reparut jamais. Enfin ils ordonnèrent la dérao- HUoD de deux maisons, probablement celles de ces deux notables Anilorrans dont l'inquisition demanda vainement l'extradition au comte de Foix. Aussi le concile de Lérida maintint-il l'excommunication prononcée par Pierre, évoque d'Urgel, contre le comte Roger-Bernard, fauteur et lUfenseur des hérétiques^. Après ces exécutions, le» inquisiteurs redescendirent de Castelbon traînant leurs quarante-cinq captifs cathares qu'ils iocarcérèrent et brûlèrent daus les villes espagnoles des bords de l'Êbre. Après la destruction de cette église albigeoise, ils durent amèrement songer à ses fondateurs, le vicomte Arnauld, et son héritière, l'héroïque Ermessende. Ces deux princes reposaient depuis quelques années au monastère de Co3toga,aupied du Canigou. Les inquisiteurs n'osèrent pas alors troubler leurs os. Bientôt ils y monteront et ne feront encore que flairer ces tombes. Mais quarante ans après, quand les vaillantes épéea qui les protègent ae seront plus, ils exhumeront ces nobles cendres délaissées, et les disperseront au vent dos monts et de la mer. Ainsi lËsbdchers funéraires flamboyaient Bur toutes les cimes des Pyrénées.

Les comtes de Foix, comme les consuls des cités, se montrèrent les fermes champions de l'humanité

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