Mad. Sand, Vay . à Mojfarquê
UVae SEPTIÈME 237
chons à déterminer , i Taide du langage , de quels cantons albigeois est sortie la majorité de Témigration, nous trouvons que c'est des Pyrénées, entre la Neste et le Salât, car c'est là que nous découvrons la souche antique du roman mallorquin. Voici un débris de ballade également compris sur les bords de la Garonne et de la Guadalaviar, une ronde que les jeunes insulaires dansent au bord de la mer.
Sas i allolas tots es diumenges Quan no tenên res mes que fer Ban a regar es cravelher Dihent 11 : beu jà que no menjes i
4c Les fillettes tous les dimanches, quand elles ne savent plu§ que faire, vont arroser le violier et lui disent : bois si tu ne manges. » Hélas, ces belles insulaires ne savent guère autrej chose qu'arroser leur giroflée I Le Valencien est railleur et facétieux comme le Gascon si nous en jugeons par la Donsatna^ recueil périodique de vers et de prose burlesque, ayant pour enseigne un petit magot battant un tambour suspendu à la queue d'un singe jouant de la flûte rustique.,
1. Sas pour las, du latin ipsas et illas; deux ou trois mots espagnols et quelque archaïsme ; voilà après six cents ans, toute la difTérence entre les deux dialectes. Les filles de la Haute-Garonne chanteraient aujourd'hui :
Las hillotas toutes dimenges Quan no saben res mes que fer Ban a rosar ech clavaris, Li disen : beu jà que no mènjes.
08 LES ALBIGEOIS BT LINQUISITION
Un théâtre, des joamaux, une littérature proyencale existent pourtant encore à Valence, i Alicante, à Palma, à Mahon. De Tarchipel baléare, la langue romane a suiyi la conquête aragonaise jusqu'en Sardaigne, dont elle a modifié le dialecte italien. Le Sarde indiqué, dans son idiome liguro*maUorquin« aux syllabes pleines et sonores, su campo de $as Ven^ deltas ^. S'il faut des vengeances au Sarde, ainsi qu'au Baléare et au Valencien, qu'ils se ressouviennent donc de leurs ancêtres, les.faidits et les martyrs albigeois I
L'inquisition qui, de son regard de Gorgone, n'a pu dévorer Barcelone ni Valence, a desséché l'archipel Baléare. Ses îles sont presque désertes; la terre à peu près inculte, le peuple à demi barbare. Dé son génie primitif, il ne lui reste que sa harpe devenue sauvage. Le langage est provençal, le type et le cœur sont africains. Assis sous des palmiers, il chante des paroles romanes sur des airs arabes; on danse, au bord de la mer, au sourd bourdonnement du tambour de basque, les boléros mauresques. Palma conserve encore, dans sa bibliothèque, le portrait gothique de don Jaïcmé, le conquistador. Cette image royale et cet idiome vulgaire, voilà tout ce qui reste, dans ces lies, de la conquête cathare. Les soldats de Napoléon, du champ de bataille de Baylen, «furent déportés sur ces écueils inhospitaliers. Ces Français du Midi, surpris non moins qu'émus d'entendre résonner leur doux idiome maternel sur des lèvres