Guil. dePilaurens, ch. xliu
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Mais, dans la nuit même de Is^ NaUcité de la bienheureuse Marie 9 le vicomte Ramon-Roger arriva sous les murailles du faubourg, où il entra porté dans les bras et sur le cœur de ses sujets. Les prêtres catholiques des environs, dispersés par l'eflOroi, s'étaient réfugiés dans le faubourg de l'Aude. Une soixantaine se groupèrent, attendant la mort, autour de Tautel de Notre-Dame. Le généreux vicomte leur fit grâce, leur donna même un sauf-conduit, mais le peuple, hors de ses yeux, les mit en lambeaux. N'étaient-ils pas les prédicateurs de la croisade, leô héraults de l'asservissement et de la désolation du Midi*T
Le faubourg de Graveilland, ou plutôt de Graveillaud, s'étendait, conune son nom l'indique, sur la grève de l'Aude, au pied de la berge occidentale, entre la barbacane du château et la pointe de Saint-Nazaire. Le connétable et le sénéchal, des* cendant par la barbacane et la porte de Toulouse, expulsèrent le vicomte du faubourg et s'emparèrent de ses madriers, qui, destinés à l'attaque, servirent à la défense de la cité. Mais Ramon-Roger, en retour, se rendit maître du Moulin du JRoî, moulin fortifié qu'un souterrain reliait â la barbacane, et par cette prise importante il affamait les Français. Le vicomte développa ses camps au pied des rampes de Carcassonue. Olivier de Termes, Gérald d'Aniort, Hugo de Serrelongue, et probablement les faidits de Montségur, se retranchèrent, à l'aide de fossés et