Math. Paris. — Albéric. — Raynald
chartes du monarque et du pontife. Et il ajouta que Ramon VI avait été déshérité pour cause d'hérésie par le concile de Latran. — Ramon répondit qu'il était l'héritier naturel, et qu'il était prêt à rendre hommage au pape et au roi. — Voulez -vous, s'écria vivement Amauri, vous en remettre au jugement des douze pairs de France? — C'était encore un piège, une fiction. Amauri invoquait tantôt le droit théocratique, tantôt le droit carlovingien. Ramon était Goth d'origine et non pas Franc. Ses ancêtres n'avaient pas concouru à l'éleètion de Hugues Capet. Il n'était donc pas pair de France. — J'accepte ce jugement, répliqua Ramon; mais, avant tout, que le roi reçoive mon hommage ; car ils ne voudraient peut-être pas me reconnaître pour pair. — Ses juges, effectivement, étaient ses ennemis, ses spoliateurs, les chefs de la croisade. Amauri s'emporta, et les deux comtes allaient tirer leurs épées. Le légat s'interposa, et déroba le débat. Il prétendit que Ramon n'avait pas imploré, en termes convenables, le pardon de l'Église romaine. En conséquence, il ordonna aux archevêques de se réunir isolément, chacun avec le groupe de ses suffragants, de délibérer sur la question albigeoise, et de lui donner en secret leur avis, pour qu'il pût le transmettre, avec le môme mystère, au pape et au roi. Les prélats répondirent que Ramon ne devait pas être relevé de l'anathème, et que le roi serait chargé de la conquête de Toulouse dévolue à la maison de France ^ .