UVRE HUITIEME
les prédications de Pierre Polha, évoque johannite du Rasez. Pendant ces assauts furieux, arrivèrent les comtes de Toulouse et de Poix, non comme auxiliaires mais comme médiateurs. Us s'interposèrent entre les généraux du roi de France et les chefs du parti national. Ils ne voulurent pas laisser périr les restes infortunés de la patrie romane, car Montréal ne pouvait que succomber. Les deux comtes, agréés pour arbitres, réglèrent les points de la capitulation. Les évoques cathares n'étaient point compris dans cette paix et l'auraient infailliblement scellée de leur sang. Les chevaliers durent pourvoir au salut des ministres du Paraclet. Pressentant la chute prochaine de Montréal, Jordan de Lantar et Pierre de Gugunhan pénètrent; à travers le camp ennemi, dans le château, et pendant qu'ils en défendront les murs croulants., engagent Pierre de MazeroUes d'en sortir avec l'évêque Polha et le sacerdoce albigeois. Pierre accepta sa périlleuse mission, et passant, de nuit, au milieu des tentes royales, conduisit heureusement les Amis de Dieu, à travers le bois de Fanjaus, dans son manoir de Gajan la Selva ^ Alors seulement le vicomte rendit Montréal ; il sortit avec ses armes, ses chevaux et ses chevaliers, et les habitants qui le suivirent en Espagne.
Le sénéchal passa Tautomne à déloger l'insurrection du haut de ses rochers. P. Roger de Mirepois, chef des faidits de Montségur, accompagna jusqu'au dernier instant le vicomte de Carcassonne
i. Eegùt. de rinq. de Touloiue.
Le sénéchal fit tous ses efforts pour s'emparer de ce chef audacieux , le plus redoutable des seigneurs pyrénéens. Jordan du Mas le vieux, et son neveu Guilhem du Mas Tayertirent qu'on lui tendait un piège au château de Rocafeuil. Le hardi guerrier déjoua cette embuscade, et défendit jusqu'au dernier les donjons de la Gerdagne. Ces divers sièges se terminèrent par celui de Pierrepertuse qui succomba vers la mi-novembre. Il était temps pour les troupes du roi. L'hiver arrivait, terrible. Il eût pu ôtre un auxiliaire violoneux du parti national. Il vint trop tard, et ses neiges* en épargnant les vainqueurs, ne firent que leur dérober les vaincus. Ainsi échoua cette insurrection des faidits rejetés de nouveau avec leur chef, l'héroïque et malheureux Ramon-Roger de Garcassonne, derrière les Pyrénées *.
La défaite du vicomte entraîna, selon l'usage, de nombreuses défections. En novembre , Gérald d'Àniort vint faire sa soumission à Dulhac, près de Pierrepertuse. Il la fit au nom de ses frères, de ses neveux et de sa mère, la vieille Esclarmonde de Laurac, dont le cœur altier était brisé. Il remit les châteaux d'Aniort, de Gastelport, de Rocan et de Dorna, à condition qu'ils lui seraient rendus par le roi de France, dès que sa maison serait réconciliée à l'Église romaine. Le roi le promit, mais ne tint pas sa parole, et par là, fut frappée d*un seul coup la puissante et antique famille d'impéria. En décembre, Guilhem de Pierrepertuse remit sa