Guil. de Puil. — Math. -Paris, année i
29i LES ALBIGEOIS ET L'LNQUISITION
roi de France pour recouvrer vos domaines : après avoir considéré de combien de pays le roi vous a dépouillé, et toutes les autres choses qui sont à considérer dans cette affaire, voyant que le temps approche, nous vous le conseillons de bonne foi; et nous vous jurons, sur les saints évangiles, que nous nous joindrons à vous dans cette guerre, comme à notre seigneur-lige, que nous vous aiderons contre ledit roi, et que nous vous défendrons de toutes nos forces I » Un cœur guerrier palpite dans cette harangue digne du sang de Foix. Pour sceller cette alliance, le comte Ramon épousait dona Isabella de Lusignan; le roi d'Angleterre, frère de la nouvelle épouse, se joignit comme duc d'Aquitaine à cette ligue romane, à laquelle adhéraient, comme comte de Montpellier et de Provence, le roi d'Aragon ; et comme roi de la Provence transrhénane, l'empereur Frédéric. Par son titre impérial, non moins que par sa puissance et son génie, ce César troubadour était la tête d'une coalition de princes et même de peuples poètes, le chef du monde ibéro-roman qui s'agitait sourdement contre la France et contre Rome *.
Tels étaient les vastes armements, la ligue immense qui se préparaient en silence et en quelque sorte à l'ombre des combats de Montségur, jeux guerriers, tournois fraternels dont le tumulte devait détourner les regards du roi de France. Cependant les sénéchaux, qui sentaient le sol albigeois palpiter sous leurs pieds, redoublaient de