Eût. du Lang. et G. de Tudella
la route de Pampelune. Hugo d*Alfar eut deux fils : Joan, qui partagea la captivité du Louvre, et Bamon, que le comte, son parrain, fit bayle du château d'Âvignonet, en Lnuragais. C'était un jeune homme résolu, intrépide et tranquillement audacieux , à l'espagnole. Âragonais et hidalgo , et comme tel doublement ennemi des moines, Alfaro devait bouillonner de fureur de voir les dominicains écraser sous leur sandale toute liberté consulaire, toute grandeur chevaleresque et la dignité séculaire et quasi royale de la maison de Saint- Gélis. Il résolut de jeter l'épouvante dans l'àme de ces inquisiteurs qui terrorisaient l'univers. Les inquisiteurs étaient en tournée dans le Lauragais. Ils devaient venir coucher au château d'Âvignonet. Alfaro, qui les attendait, se rendit un soir dans la forêt d'Antioche*. Il s'arrêta au château des Gap-de- Porc, seigneurs du Mas. Jordan du Mas, l'un des défenseurs de Montségur, se rencontra sous le toit de ses aïeux. Jordan reçut à son foyer abandonné le bayle d'Avignonet. Puis, dans les ténèbres, il se rendit à Bram, auprès d'un écuyer descendu comme lui de la montagne cathare. Ces faidits, postés mystérieusement de distance en distance, comme des chasseurs dans les plaines du Lauragais, semblaient être à l'affût de quelque grande proie. Jordan revint avec l'écuver attendu : il se nommait Guilhem de Planha ; il avait épousé Fais de Massabrac; il était conséquemment neveu d'Arnaud- Roger et l'un des plus hardis hommes d'armes de