HùL du Lang., t. V, pr
Albigeois. Nous avons excommunié Ramon, comte de Toalouse. Publiez cette excommunication, prêchezla croisade, prenez la croix. Rendez-vous à Bourges, uDmoisaprès Pâques. Le roi y sera, à la tète de son armée, etnous y^erons avec iui.»Les opérations de la campagne furent définitivement arrêtées dans uh nouveau parlement convoqué à Paris le 29 mars, et le roi manda aux barons de France de se trouver à Bourges le quatrième dimanche après Pâques, pour être à Lyon le jour de l'Ascension '.
Le pape lui ouvre les chemins du Midi. Il défend, aax princes intéressés, d'entraver la marche du roi de France, et de secourir le comte de Toulouse. Ramon "VU avait droit de compter sur l'Empereur, son suzerain, sur le roi d'Aragon, son neveu, sur le roi d'Angleterre, son cousin, etl'ennemi héréditaire des Capétiens. Le monarque anglais voulut passer la mer, reprendre Poitiers, défendre Toulouse. Mais il fut retenu par les barons anglo-normands, et les menaces du légat de Rome. Le roi d'Aragon, ingrat pupille du Midi, armait une flotte contre les insulaires africains des Baléares. L'Empereur préparait une croisade contre les musulmans d'Asie : il veut aller ceindre la couronne de Jérusalem. Ainsi l'abandon était au dehors, abandon insensé ; mais la trahison, trahison encore plus monstrueuse, était au dedans. Les archevêques, les évoques, les chefs des monastères, dispersés et fugitifs devant la victoire romane, n'étaient remontés sur leurs sièges qu'en vertu de la paix conclue au synode de Mont-
i. Math.Taris.
pellier et de Thommage rendu au comte de Toulouse. Mais', après le concile de Bourges, oublieux de leurs serments, ils conspirent contre le prince, travaillent les barons, ébranlent les consuls » effrayent les peuples, et appellent la roi. Le vieux primat de Septimanie, dont l'énergie farouche mais propice au comte, eût pu contenir ses suffragants, était mort récemment. De sorte qu'après le parlement de Paris, et l'anathème lancé contre le comte de Toulouse, leur fureur ne connut plus de frein. A la nouvelle de cette excommunication et de l'invasion prochaine du roi de France, un frisson d'effroi courut sur le Midi : on vit de grandes défaillances de cœur. Pierre- Amiel, successeur d'Arnauld-Amalric, archevêque de Narbonne, fit succomber les seigneurs de Thesan, de Corneillan, d'Olargues de Vintron, de Puyserguier*, ainsi que l'héroïque Ramon de Rocafeuil, qui (pendant le concile de Latran) avait imploré la pitié du pape, en termes si naïfs et si touchants, sur l'infortune du petit orphelin de Carcassonne, qu'il abandonne, hélas, lui-même aujourd'hui (14 et 15 d'avril). Les seigneurs de Gab- Arèt, parents du vicomte de Carcassonne, Bernard- Othon, seigneur de Laurac, ses frères, et leur vieux père, seigneur d'Aniort, les deux tribus illustres des fils de Nous et d'Impéria^ cédèrent aux séductions dcKS abbés de Cannes , de Montolieu et d'Ardorel. Ces subtils diplomates des monastères, non contents d'envelopper ces hommes simples, ces rudes guerriers, leur faisaient dire mensongèrement au roi,