Doat, XXXII
LIVRB DOUZIÈME l^
de la grande Cité, et les barons du pays non point au Gapitole, siège des ai^tiques libertés, mais d'abord au Castel-Narbonnais, séjour féodal des comtes et des rois, et plus tard, quand il eut Tordre du monarque, dans le cloître des dominicains, domicile des inquisiteurs et des légats des papes. Le sénéchal donna lecture du traité de Paris par lequel le comté de Toulouse, à défaut d'héritiers directs d'Alphonse et de Joana,- revenait à la couronne de France. Ensuite, il produisit le traité par lequel Jaicmé, roi d'Aragon, cédait à Louis IX les droits qu'il prétendait avoir sur le Midi, et les consuls et les barons prêtèrent serment de fidélité au roi de France, tout en réservant les vieilles libertés et les antiques coutumes méridionales. Ainsi s'accomplit la saisie des derniers restes de l'héritage des Saint- Gélis. La comtesse Joana avait fait un testament : elle distribuait à plusieurs de ses parents, des bourgs, des villes, des provinces, et entre autres le comtat Venaissin, à Charles d'Anjou, roi de Naples et de Sicile*. Le traité de Paris n'assurait que le comté de Toulouse proprement dit au roi de France. Mais l'avide Capétien mit sa griffe sur le domaine tout entier. Le testament de Joana fut cassé par Philippe III, comme celui de Ramon son père par Louis IX, au profit de la monarchie. Par là fut consommée la spoliation si habilement conçue, et si inexorablement poursuivie par l'àpre régente Blanche df^ Castille; testaments, chartes, droit natnrel, tout fut lacéré par le lion de France.