‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 161 sur 323 · Baillet, Démêlés de Bwiface VIIL · texte numérisé non relu

Baillet, Démêlés de Bwiface VIIL

222 LES ALBIGEOIS ET L*mQUlSITION

cusatîon, seigneur archevêque, métropolitain de révêque, en présence de notre seigneur le roi Philippe, et je vous somme de la part du roi de vous assurer de la personne de ce prélat pour qu'il ea soit fait justice, comme criminel de lèse^majesté^ » Aux paroles du chancelier, un murmure menaçant entrecoupé de cris de mort s'éleva des rangs des barons de France. L'archevêque demanda à réfléchir : l'évoque nia hautement. Malgré ce démenti formel, ces injures contre le roi sont si vraisemblables que l'histoire peut sans injustice les tenir pour vraies : elles sont dans les intempérances de langage de Saïsset, et dans l'irritation encore frémissante des populations romanes. EUem se chantaient dans toutes les cités du Midi : elles circulaient en Espagne et en Italie. Le Dante les a reproduites dans son épopée vengeresse- Il fait dire à Hugues Capet : « Je suis la racine de la plante mauvaise qui envahit la terre chrétienne et qui ne produit guère aucun bon fruit. De moi sont nés les Philippes et les Louis par qui la France est nouvellement conduite. Je fus le fils d'un boucher de Paris. Quand les anciens rois déchurent et que le dernier fut mis sous un froc de moine, le gouvernement du royaume se trouva dans ma main* J'avais tant d'amis et une telle puissance que je traiismis la couronne sur la tête de mon fils, d'où est issu le sang abominable des rois de ma race. La grande dot provençale ne lui enlève pas son abjection : pourtant il ne faisait pas encore de mal;

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