‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 17 sur 323 · Art. Gaja-la-Selve · texte numérisé non relu

Art. Gaja-la-Selve

M LES ALBiGBOlS ET L*lNQUlâlTlON

rusa. Il avoua qu'il connaissait depuis seize ans révoque En-Marti; qu'il avait reçu le baiser de paix» qu'il avait assisté au consolament ; qu'il acceptait toutes les doctrines cathares^ excepté deux, savoir : que les âmes émigrent de corps en corps^ et que l'hasîk catholique ne soit pas le corps du Christ. Par cette feinte d'orthodoxie tardive, il espérait probablement se dérober au gibet. Peut-ôtre aussi, n'estKîe qu'un mensonge du scribe dominicain. Nous le surprenons en flagrant délit de fausseté le même jour à propos d'Alaman de Roaix. Ce grand citoyen fit cette confession : que le salut n'était pas dans le baptême et le mariage; que les corps des morts ne ressuscitent pas; que Dieu ne créa pas les choses visibles; et enfin qu'il existe deux dieux, le bon et le mauvais^. Quant aux choses visibles, ce n'est qu'un malentendu... Deus non fecit visibilia quia non sunt, dit le docteur Garcia, de Toulouse, le maître ou le condisciple d'Alaman. Mais voici où éclate la fausseté de l'inquisiteur. Le catharisme enseigne un Dieu un, unique, universel, et dans ce Dieu infini deux ])rincipes secondaires. Ce sont ces principes dont le scribe fait deux dieux. D'où Alaman prendrait-il son dieu mauvais? De la Matière? Elle n'est pas. De Satan? 11 n'est pas le Mal. Donc Alaman n'a pas pu dire qu'il croyait à deux dieux : calomnie, d'ailleurs, vieille de mille ans et renouvelée des adversaires des Manichéens 2.

Le frère Ferrier, inquisiteur de Carcassonne,

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