‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 179 sur 323 · LIVRE TREIZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIEME

// finit comme un chien, après avoir commence' comme un renard, et régné comme un lion. Il y avait de tout cela dans Benoît de Gaëtan. Il avait pris le nom pontifical de Boniface pour déguiser la dureté de sa figure contractée par la colère et l'obstination ^ Il était natif de la riche Anagni, et des roches hemiques^, comme Innocent III, Grégoire IX, et Alexandre IV, ces exterminateurs des Albigeois. Il était aussi grand que ses terribles prédécesseurs. Mais l'opinion abandonnait la théocratie romaine. Le temps n'était plus de mettre le pied sur la tôte des empereurs, d'égorger des peuples, d'épouvanter le monde. Ces saturnales de la papauté avaient duré deux siècles. Boniface VIII fut le dernier des grands pontifes du moyen âge. Mais t^gidis que ses superbes prédécesseurs ressemblent à des dieux tonnants, Boniface, dans ses fureurs intempestives, a l'air d'un polichinelle assembleur de nuages. Aucun pape ne fit un plus fréquent usage des foudres du Vatican. Il est même le seul qui les ait mises dans ses armes et qui ait relié les clefs et la tiare d'un filet de tonnerres. Les papes hemiques, ses modèles, s'étaient contentés d'adopter l'aigle impérial, oiseau de guerre et de proie qui avait dévoré la colombe du Paraclet. Il est heureux pour Boniface VIII d'avoir échappé aux Français. Philippe le Bel l'eût certainement livré à ses légistes occitaniens ; et le monde eût vu probablement une de ces grandes expiations humaines devant

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