LIVRE TRElZiÈMB M
d'or *. Et le maréchal de la foi^ Jehan de Lévis, qui montait le plus beau palefroi des Pyrénées, eut besoin de toute la rapidité de son coursier arabe pour échapper aux mains des corroyeurs et des boucliers flamands qui eussent écorché et démembré comme un taureau ce ^and jugulateur du Midi. Mais soit que les bourgeois de Gand et de Bruges eussent envoyé des émissaires aux citoyens de Toulouse et de Carcassonne, soit et plus vraisemblablement que les cités méridionales eussent instinctivement cédé au regret violent deleurantique indépendance, une vaste conjuration nationale s'ourdit au pied des Pyrénées*. L'amour de la patrie en fut la cause, Thorreur de Tinquisition en fut le stimulant, le second départ des barons pour l'expédition flamande en fut l'occasion déterminante. Albi, Cordes, Limous, le Castrais, le Rasez, la Montagne- Noire, et probablement aussi le comté de Foix entrèrent dans la conspiration. C'est, on le voit, la région albigeoise : Carcassonne, Tanoienne métropole cathare, en est le centre ; et le chef, ou du moins le tribun, c'est un moine, un membre de l'Ordre qui ressemble le plus à l'Église du Paraclet, le fameux franciscain Joachimite, Bernard de Montpellier» surnommé Délicios. C'est dans sa propre cellule que se réunissent les coi\jurés : ces conjurés ce sont les consuls eux-mômes et les notables des cités : c'est une conspiration toute municipale et patriotique. Puisque le roi de Paris ne nous pro-